Woman n°17

L'ouvrage:
Lady Daniels engage Esther Fowler comme baby-sitter pour son fils de cinq ans, Devon. Lady a un autre fils «d'un premier lit». Il a dix-huit ans, s'appelle Seth, et n'a jamais parlé. Esther est une artiste et s'essaie à un exercice compliqué...

Critique:
Ce roman m'a plu, même si les deux héroïnes m'ont souvent agacée. Malgré leurs défauts assez énervants, elles sont attachantes.

Esther cherche à ressembler à sa mère au point de l'imiter en tout, de tenter d'adopter sa personnalité. Bien sûr, c'est un «exercice de mimétisme», on peut se demander s'il n'y a pas d'autres motivations dont la jeune fille n'a même pas conscience. Cela se confirme lorsqu'on voit les relations compliquées qu'elle entretient avec sa mère.

Lady, au départ, semble posée, alors qu'Esther paraît un peu étrange. À mesure que le récit avance, on se rend compte que Lady aurait sérieusement besoin d'une psychanalyse. Sa mère, son ex, son mari, ses fils: elle n'agit comme il le faudrait avec personne. Je la comprends un peu quant à sa mère, mais même si celle-ci s'est, une fois de trop, mêlée de ce qui ne la regardait pas, elle a forcé Lady à voir la vérité en face concernant Marco. Vérité que notre héroïne ne veut pas accepter.

Son comportement envers Seth n'est pas très sain. Elle est possessive, et comme pour le reste, refuse de se remettre en question. On la comprend dans une certaine mesure...

Il ne faut pas s'attendre à un roman au suspense haletant. Là n'est pas le but d'Edan Lepucki. Les choses sont plutôt lentes. (Ici, cela m'a plu.) Les héroïnes prennent la parole à tour de rôle, décrivant leur passé et leur présent. Petit à petit, certains éléments se mettent en place, des révélations sont faites. Les deux femmes apprennent à grandir au contact l'une de l'autre. Esther semble être uniquement la spectatrice d'un monde qui s'écroule, mais sa présence, à la fois discrète et indispensable, fait qu'elle aura un rôle dans les événements. Parfois, ce rôle est passif. Elle tente même de le refuser...

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Cassandra Campbell et Phoebe Strole pour les éditions Penguin Random House Audio.

J'aime beaucoup ces deux lectrices qui, ici, ne m'ont pas déçue.