Wintergirls

L'ouvrage:
Lia et Cassie ont été meilleures amies pendant plusieurs années. Soudain, Cassie a brisé leur amitié, rejetant Lia. Plusieurs mois plus tard, un soir, Cassie a téléphoné à son ancienne amie. Celle-ci n'a pas répondu. Ce soir-là, Cassie a été retrouvée morte dans une chambre d'hôtel. Lia se sent coupable de n'avoir pas répondu au téléphone. C'est loin d'être son seul problème...

Critique:
Ce roman m'a plu. Certaines choses sont très frustrantes, mais je pense que,justement, l'autrice est très réaliste. Par exemple, Lia et ses parents ne parviennent pas à communiquer. La jeune fille, au plus noir de ses colères, leur balance de petits indices quant à son mal être, mais ils ne sont pas assez habiles pour les attraper. C'est frustrant, mais c'est compréhensible. Quand on est impliqué émotionnellement, on a parfois du mal à faire la part des choses, à réfléchir, et analyser calmement la situation.

La plupart du temps, Lia ne fait rien pour s'expliquer, pour tenter de se faire comprendre. Elle pense que ses parents (surtout sa mère) se moquent complètement de son bien-être. De ce fait, elle s'enfonce dans l'autodestruction, et s'y complaît. Je savais qu'elle souffrait, mais je ne pouvais m'empêcher de lui en vouloir. Je sais pourtant que les personnes souffrant du même mal que Lia se comportent exactement comme elle: elles font tout ce qu'elles peuvent pour aller le plus mal possible, tout en appelant (de manière difficile à déchiffrer) leurs proches à l'aide. Et si les proches ne parviennent pas à faire ce qu'il faut, ils sont rejetés, et le cercle infernal recommence.
Lia reste lucide. À un moment, elle reconnaît que si elle atteint son objectif (quarante-cinq kilos), elle ne s'arrêtera pas, et voudra toujours peser moins.

Les parents de l'adolescente m'ont également agacée. Il est normal que si son enfant ne mange pas, la première chose qu'on souhaite, c'est qu'il mange. Mais les parents de Lia ne tentent jamais de savoir ce qui se cache sous son anorexie. Ils surveillent son poids, se fâchent quand elle ne mange pas, mais ne lui demandent jamais de leur ouvrir son coeur. Certes, elle va chez une psychologue, mais il me semble que des parents devraient tenter, sans l'agresser, de faire parler leur enfant adolescent anorexique. J'en ai surtout voulu à la mère de Lia (Chloé), mais j'ai été influencée par la narratrice qui, avant que le personnage apparaisse, explique qu'elle est le cadet des soucis de sa mère, qui ne pense qu'à son travail: médecin. Bien sûr, son affirmation est quelque peu corroborée lorsqu'elle passe un week-end chez sa mère, et que celle-ci prend tous les appels venant de l'hôpital. Cependant, tout n'est pas si simple.

J'aurais souhaité que le roman soit plus long. Qu'il y ait une deuxième partie racontant en détails ce qui est dit dans le dernier chapitre. Ainsi, certains mécanismes auraient été expliqués. J'imagine que cette partie n'aurait pas été facile à écrire. Cependant, si Laurie Halse Anderson a pu écrire ce roman, elle aurait pu écrire ce qui aurait été la deuxième partie.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Phoebe Strole pour les éditions Listening Library.

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