L'ouvrage:
Angie (la narratrice) a quatorze ans. Sa mère, sa soeur (Sophie, six ans) et elle viennent d'emménager chez sa tante Vi. Elles ne savent pas si elles pourront rester parce que Sophie casse les oreilles de tous en hurlant dès que quelque chose ne va pas comme elle veut. Elle n'est pas capricieuse, mais autiste. C'est ce que va découvrir Paul, soixante-cinq ans. Un soir que les cris de l'enfant l'exaspèrent, il apprend qu'elle hurle ainsi parce qu'elle s'est entichée de sa chienne (Rigby). Sophie la regarde par la barrière qui sépare les deux maisons, et ne supporte pas qu'elle soit hors de sa vue.

Critique:
C'est le troisième roman de Catherine Ryan Hyde que je lis. J'ai eu du mal à y entrer, principalement parce que Sophie m'énervait. Pourtant, je savais bien que rien n'était de sa faute... La mère des deux fillettes me fatiguait aussi. Si j'ai fini par faire avec Sophie, j'aurais bien (à plusieurs reprises) donné une bonne paire de gifles à la mère. Même quand elle veut faire plaisir à Sophie, elle fait n'importe quoi! Si les trois personnages se sortent de certaines situations, c'est grâce à Angie. L'adolescente est d'ailleurs mal à l'aise dans ce rôle, et exhorte plusieurs fois sa mère à être l'adulte de la famille. En outre, Angie découvre par hasard que sa mère lui a toujours menti sur quelque chose d'important.

J'ai préféré la narratrice. J'ai d'abord apprécié le fait qu'elle fasse toujours attention aux autres, notamment à ceux qui sont sans défense. Par exemple, elle se fait tout de suite la championne de Rigby, et n'admet pas qu'il puisse lui arriver malheur. Elle ose même (alors qu'elle le connaît peu) faire une critique à Paul concernant la chienne. J'ai un peu moins apprécié qu'elle souhaite coûte que coûte ne pas placer sa soeur. Ses arguments sont valables, mais peut-être aurait-elle pu essayer de voir comment les choses se seraient passées pour l'enfant dans un endroit spécialisé. Il est vrai que beaucoup d'endroits spécialisés de toutes sortes sont, en réalité, totalement horribles. Cependant, si on ne tente rien, et qu'on reste bloqué sur certains préjugés, on n'avance pas. De plus, cela aurait peut-être pu aider Sophie. Heureusement, au long du roman, Angie réfléchit, et finit par envisager certaines choses.
Angie est attachante, parce qu'en plus de penser aux autres, elle a de jolis rêves. De plus, elle n'a pas peur d'être elle-même, ne tente jamais de se mentir. C'est une grande preuve de courage. Enfin, elle risque son amitié avec Paul pour débloquer une situation. Là encore, on ne pourra qu'admirer son courage.

Je sais que certains de mes reproches ne devraient pas être. Par exemple, je ne comprends pas pourquoi je n'ai ressenti aucune sympathie envers Sophie. De toute façon, le roman m'a globalement plu.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Vanessa Johansson pour les éditions Audible Inc.
C'est le premier livre que je lis enregistré par cette comédienne. J'ai beaucoup aimé son jeu, surtout le fait qu'elle ne prenne pas d'horribles voix pour les rôles masculins. Je l'entendrai à nouveau avec plaisir.