Une voisine encombrante

L'ouvrage:
Aylesford, banlieue new-yorkaise. Olivia Sharp découvre, par hasard, que Raleigh, son fils de seize ans, s'est introduit dans des maisons du voisinage, afin de s'essayer au piratage informatique. Peu après, une voiture est trouvée dans un lac, avec, dans son coffre, le cadavre de sa propriétaire, Amanda Pierce. La jeune femme faisait partie du voisinage des Sharp.

Critique:
Comme dans «Un assassin parmi nous» (que je regrette de n'avoir pas pris le temps de chroniquer) Shari Lapena propose plusieurs coupables du meurtre, en l'occurrence, d'Amanda. Je ne suis pas férue de cette ficelle, mais l'autrice sait l'utiliser. D'abord, le lecteur n'a pas que cela à se mettre sous la dent. En effet, les expéditions de Raleigh ont des répercussions dès le début, puisque les Sharp doivent affronter cette réalité. De plus, les différents meurtriers plausibles sont très intéressants. À mesure que l'histoire avançait, je prenais parti pour l'un, en fustigeais un autre... Et puis, à cause d'une ficelle trop utilisée par différents auteurs, j'ai cru savoir qui était le véritable assassin. Heureusement, Shari Lapena a été un peu plus subtile que cela. J'ai quand même deviné avant que le coupable avoue, mais la stratégie de l'autrice était meilleure que celle que j'ai trop souvent rencontrée.

Malheureusement, il y a un infime indice quant au meurtrier dans la version française, et à mon avis, il n'y est pas dans la version originale. Cependant, la traductrice n'est pas à blâmer. Je pense qu'il lui aurait été impossible de traduire autrement. En tout cas, je ne trouve aucune autre solution. À la limite, elle aurait pu ne pas traduire un mot et la phrase aurait été juste sans, mais alors, elle aurait trahi la version originale. Je me demande si elle s'est posé la question... Le lecteur qui a pris cet indice en compte (après tout, il est possible de le manquer) sait tout de suite que l'un des personnages soupçonnés vers la fin ne peut être le meurtrier.

Comme le font certains auteurs, la romancière s'attache à gratter le vernis des apparences. Certains habitants d'Aylesford semblent sans histoires, mais ils cachent des secrets, sont peu charitables voire critiques envers leurs voisins... À chaque fois, je me mettais à leur place, et malgré mon agacement, je comprenais leurs motifs.

Shari Lapena termine souvent par un retournement de situation. N'ayant pas apprécié celui de «L'étranger dans la maison», je craignais un peu celui d'«Une voisine encombrante». Heureusement, il ne m'a pas déplu. Cependant, il appelle un genre de mini suite, comme celui de «Le couple d'à côté».

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Françoise Cadol pour les éditions Lizzie.

Cette comédienne fait partie de ceux que je retrouve avec plaisir. Sa diction soignée et son jeu naturel étaient au rendez-vous. Comme d'habitude, elle a su rendre les sentiments et émotions des personnages sans jamais tomber dans le surjeu.

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