Une semaine sur deux (ou presque)

L'ouvrage:
La narratrice a trente-cinq ans, et elle a rencontré l'amour de sa vie. Elle est même enceinte. Elle remercie l'univers de ce grand bonheur. Mais il faut compter avec un autre paramètre: Lisa, quatre ans, fille que son cher et tendre a eue avec celle qui est maintenant son ex, Christiane. Lisa ne sera pas facile à apprivoiser.

Critique:
La narratrice disant certaines choses (comme son métier) qui donnent à penser que cet écrit est fortement autobiographique, j'ai décidé de le considérer comme un témoignage. Voilà pourquoi ma chronique est dans cette catégorie du blog.

Ce livre m'a beaucoup plu. Sabrina Marchese décrit chaque situation avec lucidité, et ne perd aucune occasion d'exercer sa causticité, de placer une remarque qui fait mouche, comme lorsqu'elle évoque des situations difficiles. De plus, c'est naturel. Je précise cela parce qu'on pourrait penser que caser des traits d'humour partout rend le récit poussif et lourd. Ici, ce n'est absolument pas le cas, il n'y a aucune exagération. L'ouvrage est semé de diverses émotions (bonheur, inquiétude, colère, chagrin, frustration...), mais l'humour de l'autrice tombe toujours à point nommé. Elle souffre de certaines situations, mais les dédramatise en en riant. Elle n'exagère jamais, et si parfois, l'humour n'est pas de mise, elle n'en fait pas.
Elle parvient à se moquer d'elle-même, par exemple lorsqu'elle se rend compte qu'elle va devoir abandonner l'alcool le temps de sa grossesse.
Elle évoque son triste passé amoureux avec verve. Il suffit de lire le nom (largement mérité) dont elle a affublé son ex pour ce livre (monsieur Connard) pour être amusé. À travers son expérience avec ce mufle, elle montre que malheureusement, la situation d'une personne s'aplatissant devant celui qui ne cesse de la rabaisser se retrouve encore et toujours. J'espère que d'autres maltraitées par des messieurs Connard liront ce témoignage, et quitteront vite fait bien fait leur tourmenteur.

Sans tomber dans la mièvrerie, Sabrina Marchese décrit l'amour incommensurable d'une mère pour son enfant. Je savais certaines choses, mais je trouve qu'elle exprime tout cela très bien. Moi qui n'ai pas d'enfants et n'en veux pas, cela m'a parlé.
Cela lui donne l'occasion de parler de sa relation avec sa mère. Là encore, le récit qu'elle en fait n'est ni mièvre, ni exhibitionniste, ni grandiloquent. Elle trouve les mots justes pour faire passer ses émotions.

Et Lisa, dans tout ça? En effet, le titre et la quatrième de couverture parlent de la fillette comme étant au centre de l'histoire, et mon résumé pourrait aussi le laisser croire. J'ai d'abord voulu parler du reste pour montrer que bien que l'enfant occupe une grande place, elle n'est pas la seule.
Elle agit comme beaucoup d'enfants ballottés entre ses parents doivent le faire. Dans beaucoup de cas de familles recomposées, on entend l'un des parents dire que l'autre monte l'enfant contre lui. Or, ici, si Christiane a certainement une part de responsabilité, c'est Lisa qui s'amuse à dire ceci et cela pour que sa mère croie que son père ne s'occupe pas d'elle comme il le devrait. Et bien sûr, les relations avec la narratrice ne sont pas de tout repos. Je dois confesser que j'ai bien ri en entendant la remarque (adressée au lecteur) de la narratrice après que Lisa lui a dit «Je veux plus te voir!». D'une manière générale, le lecteur ne pourra s'empêcher de plaindre Lisa dont le monde est bouleversé, mais souhaitera ne jamais, au grand jamais, se retrouver dans la situation de la narratrice qui, elle, gère tout cela du mieux qu'elle peut. Malgré sa bonne humeur à toute épreuve, ses propos indiquent que certains moments ont été extrêmement difficiles. Si elle peut rire de cela aujourd'hui, cela veut dire (comme elle le sous-entend à la fin) que les choses tendent à s'améliorer.

Service presse des éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Sabrina Marchese.

Non seulement le livre m'a beaucoup plu, mais l'interprétation de la comédienne aussi. Elle est toujours dans le ton. Lorsque des remarques humoristiques se glissent dans une anecdote plutôt grave, elle fait cela subtilement, toujours avec l'intonation adéquate. Lorsqu'il s'agit de prendre une voix enfantine pour le rôle de Lisa, la comédienne ne cabotine jamais. Elle adopte encore et toujours, l'intonation et le timbre de voix appropriés. Je suis très déçue que les autres livres qu'elle a enregistrés ne me tentent pas. J'espère que les suivants me tenteront.

Pour ceux que cela intéresse... La première fois que j'ai lu le nom de Sabrina Marchese, c'était sur Audible.fr, parce qu'elle avait enregistré un livre. Faisant immédiatement des associations d'idées (du style Philippe Ogouz et Virginie Ogouz, Guillaume Orsat et Alice Orsat), je me suis empressée de penser que Sabrina Marchese devait avoir une vingtaine d'années, et était la fille de Michelangelo Marchese (comédien dont j'apprécie beaucoup le jeu, et qui m'a très gentiment accordé une interview en 2013). Maintenant que j'ai lu «Une semaine sur deux (ou presque)», force m'est de constater que cela n'est pas possible. Ma curiosité fait que je me demande quel est son lien de parenté avec ce comédien. Il pourrait être l'homme qu'elle aime (ils se seraient mariés après les événements racontés dans ce livre), mais certaines choses me font penser que ce n'est pas le cas. Il pourrait être son frère, mais elle ne mentionne pas que son frère est comédien, ou alors, j'ai raté ce passage. Conclusion: La Livrophile va torturer son (très petit) cerveau à la recherche de l'explication qui collerait avec les indices donnés dans le livre.

En général, je râle lorsque la structure d'un livre n'est pas respectée. Ici, elle ne l'est pas, et cela ne me fait pas plaisir, mais je crois que pour l'éditeur, cela aurait été périlleux. Il me semble que le format Audible ne permet pas de très petits fichiers, et les chapitres de ce livre sont très courts. Certains durent une vingtaine de secondes.

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