Une présence dans la nuit

L'ouvrage:
Alice Taylor est infirmière. L'un de ses patients, Frank, a été dans le coma après un infarctus. Depuis quelque temps, il en est sorti, mais ne peut ni bouger ni parler. La jeune femme est persuadée qu'il est conscient, qu'il entend ce qui l'entoure, et elle lui parle très souvent. Cependant, le médecin chef du service pense que le patient est en état végétatif permanent. Celui-ci aimerait pouvoir dire que c'est Alice qui a raison, mais il ne parvient pas à bouger, ne serait-ce que les paupières.
Un jour, une patiente est installée dans le lit à côté de celui de Frank. C'est Cassie Jensen. Elle a été victime d'un accident, on l'a trouvée dans un ruisseau non loin de chez elle. Elle est dans le coma. Frank entend les visiteurs de sa voisine se succéder: son mari (Jack), et la mère de celle-ci (Charlotte)... et puis une mystérieuse personne...

Critique:
Ce roman m'a déçue. Il n'a pas souffert de comparaisons ou du fait que je m'attendais à autre chose, mais trop d'éléments m'ont déplu. D'abord, j'ai trouvé Cassie, ainsi que son histoire, très fades. (Les chapitres alternent les points de vue, et ceux de celui de Cassie racontent son passé proche, afin de montrer comment l'accident a fini par arriver.) Je souhaitais qu'elle s'en sorte, bien sûr, mais elle n'éveillait rien de vraiment positif chez moi. Je pensais plutôt à sa chienne (Maisie) et j'espérais que celle-ci serait bien traitée. L'histoire de Cassie me paraissait très banale. Ce n'est pas forcément une mauvaise chose: beaucoup d'histoires à l'aspect ordinaire m'ont plu. Mais ici, c'était renforcé par des situations qui me semblaient clichées, et des personnages qui, pour moi, étaient peu creusés.

Quant à Alice, je l'ai trouvée sympathique, mais elle non plus n'a pas vraiment su me toucher. Je suis davantage entrée dans sa vie que dans celle de Cassie, je l'ai même appréciée, ainsi que son mari, mais l'infirmière me paraissait un peu trop facile à prévoir... Il me semble que rien n'a vraiment distingué Alice et Cassie, même si la première a quand même marqué quelques points auprès de moi.

J'ai davantage apprécié Frank. Son histoire aussi étais banale, mais dans son cas, la sauce a pris. Pour moi, Émily Elgar a davantage su le démarquer que ses héroïnes. J'avais l'impression qu'il était le seul qui accordait de l'importance à ce qui devait en avoir... et pas seulement dans le service hospitalier. Ses regrets quant à ses actes passés, son amour pour sa fille, tout cela m'a plu. En outre, l'auteur imaginait et rendait bien sa frustration, son besoin de communiquer, ses pensées en général...

J'ai trouvé qu'il n'y avait pas assez de repères temporels...

Ensuite, la romancière a fait quelque chose que j'ai détesté. Elle a justifié cela, mais elle aurait très bien pu ne pas le faire! Elle-même trouve le moyen de prouver, par la suite, que cet élément aurait pu ne pas être. En plus, elle aurait pu faire monter le suspense en l'amorçant, puis quelque chose aurait pu le court-circuiter. Bref, certaines choses me paraissaient tièdes, mais cet élément a fini de gâcher ma lecture.

Enfin, il n'est pas très crédible qu'une personne coupable d'actes très graves les avoue (ainsi qu'un autre à propos duquel on ne lui a rien demandé) devant deux autres qui, ensuite, peuvent la dénoncer, puis témoigner contre elle (surtout une). On me dira que cela se défend, étant donné l'obsession de la personne coupable, mais je reste sceptique, puisque juste avant, elle a agi en faisant en sorte de n'être pas vue.

Service presse des éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Sophie Loubière.

Pour moi, un autre point noir de ce roman est sa lectrice. Bien sûr, ce n'est que mon avis, et je sais que je suis souvent sévère. Au départ, Sophie Loubière a un ton un peu affecté. Elle en fait trop, et parfois, on dirait qu'elle s'adresse à de très jeunes enfants. Cependant, elle semble mieux entrer dans la peau des personnages à mesure de l'avancée du récit, et très souvent (surtout quand Frank raconte) abandonne le ton un peu affecté pour de très bonnes intonation.
Ce que j'ai eu le plus de mal à supporter, c'est sa propension à prononcer des noms propres avec un accent soi-disant anglophone. Lorsque ledit accent est bien fait, cela m'agace, car je ne trouve pas cela naturel du tout dans un texte en français. Alors quand, en plus, l'accent est mal fait, imaginez ma rage! Heureusement, on échappe à Loussi pour Lucy (je me demande pourquoi), à Kérol pour Carole, et au bout de quelques chapitres, Dévide retrouve son prénom (David). Mais tout au long du roman, on a droit à Mary avec l'accent, et surtout à Épril (pour April) et à Késsi (pour Cassie). Ce dernier prénom, la lectrice le dit comme on prononce Casey en anglais. Je croyais d'ailleurs que cela s'écrivait Casey. Il a fallu qu'une amie (qui a le livre) me l'épèle.

Pour information, la structure du livre est respectée à 99%: le prologue et le chapitre 1 sont sur la même piste.

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