L'ouvrage:
Londres, années 60.
En lisant «Antithérapie», un livre regroupant des études de cas, d'Arthur-Collins Braithwaite, une jeune fille (dont le lecteur ignorera l'identité du début à la fin) est sûre que l'un des cas évoqués est celui de sa soeur, Véronica. Or, celle-ci s'est suicidée. La jeune fille décide donc de devenir la patiente de Braithwaite, afin de tenter de découvrir si ce ne serait pas lui qui aurait poussé Véronica au suicide.

Critique:
Après avoir beaucoup aimé les deux romans mettant en scène Georges Gorski, et le résumé d'«Une patiente» me tentant, je me suis empressée de le lire. Je dois dire que j'ai été très déçue. J'ai commencé par déprécier la narratrice des cahiers (la soeur de Véronica). Elle ne semble pas très futée... Elle pense que pour aller consulter un psychiatre, il faut être fou, donc elle tente de se donner l'air négligé... Nous ne connaissons que sa fausse identité, celle qu'elle donne à Braithwaite: Rebecca Smyth. Si elle tente de ne pas se dévoiler auprès du psychiatre, elle parle d'elle au lecteur. Au départ, je me suis demandé si elle était psychopathe, puis j'ai envisagé qu'elle ne parvienne pas à se construire à cause de manquements dans sa famille... Je me demandais d'ailleurs pourquoi elle souhaitait tant savoir si Braithwaite avait un rapport avec la mort de sa soeur, puisque les deux jeunes filles ne s'entendaient pas. Bref, je ne parvenais pas à comprendre ses motivations d'une manière générale. Sans doute se cherche-t-elle, et est-ce difficile entre la période, la société, et sa famille amputée. Je l'ai mieux comprise vers la fin. Je n'étais pas ravie de son évolution, mais je comprenais pourquoi elle advenait ainsi.

La narratrice a rédigé cinq cahiers. Après chacun, se trouve une partie de la vie de Braithwaite, racontée comme une biographie. Lui non plus n'est pas très aimable. Ses idées sont intéressantes, mais le personnage est plutôt rustre. C'est étrange, car cela ne concorde pas avec ce que la narratrice des cahiers en dit. On ne peut dire qu'elle ment, et le rend sympathique alors qu'il ne l'est pas, car elle ne l'apprécie pas.

Enfin, le tout est assez frustrant. Le dernier cahier de la narratrice s'arrête sur une évolution, mais on aimerait savoir comment cela se poursuit. Il n'y a qu'une chose qu'on sait grâce à la fin de la postface, mais cette chose soulève d'autres questions...

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Ana Piévic (lisant les passages du point de vue de l'héroïne) et François Delaive (lisant les éléments biographiques de Braithwaite et l'extrait d'«Antithérapie») pour les éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.

Je connais peu ces deux comédiens. Je me souviens avoir apprécié le jeu d'Ana Pévic dans «Le mystère Sammy Went». Ici, son ton était toujours adéquat, et elle n'a pas modifié sa voix à outrance pour les rôles masculins. Je regrette qu'elle ait fait un accent pour les noms propres étrangers, car dans un texte en français, je trouve cela affreux, notamment le «r» anglophone.
Quant à François Delaive, je ne le connaissais pas du tout, pourtant, je sais que ce roman est loin d'être le premier qu'il enregistre. Il n'a pas dû enregistrer des livres qui m'ont tentée. J'ai beaucoup apprécié son jeu. Je vais me pencher plus attentivement sur ses lectures.