Berill, une passion en héritage

Voir la critique du tome 1.

Note préalable: si vous n'avez pas lu le tome 1, ne lisez pas cette critique, car elle révèle certains événements qui se sont passés dans le tome 1.

L'ouvrage:
Thomas doit mettre ses affaires en ordre. Il doit tout planifier afin que tout se passe le mieux possible après son départ. En effet, à soixante-quatre ans, il apprend qu'il est atteint de leucémie, et qu'il ne lui reste plus longtemps à vivre. C'est avec Berill, sa femme bien-aimée, qu'il désire passer ses derniers instants. Il ne veut pas que ses enfants sachent que c'est la fin. Il veut tenir sa main et admirer ses yeux violets qui l'ont, un jour, pris dans leurs filets, au moment de partir.

Maureen brigue le poste de directrice de l'Irish, la banque de son père. Elle pense la retraite de Thomas proche, et est sûre qu'elle peut reprendre les rennes de la banque. Seulement, Thomas ne l'entend pas de cette oreille. Il lui adjoint Mathias, qui travaille à la banque depuis de nombreuses années, et qui a toujours su faire preuve d'un sens infaillible des affaires. Maureen se sent traitée en enfant, et se révolte.

Hugh se donne beaucoup de mal pour que son parc naturel survive. Il ne vit presque que pour cela. Il ne se remet pas de la mort d'Isabelle, et ne fais pas attention aux femmes, et surtout pas à Caroline, la vétérinaire du parc naturel.

Critique:
J'avais peur que le tome 2 s'essouffle par rapport au tome 1, comme c'est parfois le cas. Ici, ce n'est pas le cas. Françoise Bourdin expose des personnages qui ont tous une psychologie qui mérite qu'on s'y attarde, et des motivations compréhensibles.

Il est dommage qu'elle tue l'un de ses personnages principaux dans le premier quart du livre. Cette lecture m'a été douloureuse, car elle m'a fait m'attarder sur le fait que cela peut arriver n'importe quand à n'importe qui. C'est étrange, j'ai déjà lu des livres où un personnage avait un cancer, mais la possibilité qu'une telle situation se produise dans ma vie ne m'avait jamais paru si évidente.

Le personnage de Maureen est intéressant. Elle a une forte personnalité, et est un peu prétentieuse et égoïste. Elle est très sûre d'elle, et refuse que Mathias l'aide à diriger la banque. Elle sait qu'elle s'en sortira très bien seule. Sauf qu'elle commet plusieurs bourdes qu'apparemment, quelqu'un de sensé ne commettrait pas.
Cette situation oppose deux façons d'être. Maureen est, comme elle le dit elle-même, très scolaire. Elle a un parcours très balisé. Mathias a tout appris sur le tas. Il se fie à son instinct, à son flair. Maureen s'y oppose, arguant que la finance n'est pas un jeu de hasard. Il semblerait que Mathias ne s'en remette jamais au hasard, comme le fait remarquer Thomas. La romancière nous montre par là qu'il ne suffit pas d'être bardé de diplômes. Effectivement, Mathias réussit mieux que Maureen qui est très assurée parce qu'elle a étudié dans une grande école. C'est peut-être un petit clin d'oeil qui appelle les gens très diplômés à l'humilité. Ils doivent prendre les circonstances en compte, et ne pas tout catégoriser.

D'autre part, on tient soigneusement hors de portée de Maureen le dossier concernant le parc naturel d'Hugh. Elle sait que l'entretien de ce parc demande beaucoup d'argent, et lorsqu'elle finit par voir le dossier, ses craintes sont confirmées. La banque a investi, il n'y a aucun profit, l'affaire n'est pas rentable. Maureen aimerait donc que la banque cesse d'aider Hugh.
Dans cette situation, Maureen est pragmatique. Elle fait passer la banque avant son frère. Berill et Mathias font le contraire. Ils veulent donner une chance au rêve de se réaliser. Les deux points de vue se défendent. Après tout, s'il y a assez d'argent pour que ce rêve se réalise, pourquoi pas; mais si le parc finissait par ruiner la famille, il faudrait le fermer.

On retrouve le personnage de Julian. Il n'est toujours pas sympathique, mais on comprend un peu mieux pourquoi il est devenu ce qu'il est. on l'entrevoyait dans le tome 1.

La réapparition d'Arnaud fait que l'on se demande si le pardon est possible pour certains actes. Mathias pardonne, Berill ne le peut pas. Je pense que je serais comme Berill, même si, comme il le précise, Arnaud a fait ce qu'il a fait en pensant que cela ne nuirait à personne.

C'est une saga sympathique. Je remarque quand même que dans tous les livres de Françoise Bourdin, (du moins, ceux que j'ai lus), les personnages évoluent dans un milieu très argenté. Mathias rappelle d'ailleurs à Hugh et Maureen qu'ils sont des enfants gâtés. Cette répétition d'un monde où l'argent coule à flot est un peu agaçante. Le lecteur aussi aimerait bien avoir beaucoup d'argent. ;-)

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Julien pour les éditions VDB.

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