Une passion fauve

L'ouvrage:
Budapest, 1920.
La misère s'abat sur la Hongrie. La vie n'est plus possible, surtout pour des saltimbanques. Vilmos Károly le sait bien. Ruiné, la mort dans l'âme, il se résout à vendre son cirque, et à quitter son pays. Il va falloir tout recommencer ailleurs.
La famille Károly est très soudée, et elle s'en sortira.

C'est à Madrid que les Károly commencent une nouvelle vie. C'est dans un autre cirque que Vilmos et sa fille, Berill, font un numéro qui attire les foules. Dans la cage aux fauves, au milieu d'eux, Berill danse. La jeune fille adore les animaux, et les fauves en particulier. Ils la fascinent, et, à l'instar de Vilmos, elle ne cherche jamais à les humilier.
Berill est adulée du public. Beaucoup d'admirateurs lui offrent des fleurs. Elle n'en fait pas grand cas, tant elle est heureuse avec ses parents, ses frères, et les fauves. L'un de ses prétendants se démarque des autres. C'est Thomas Blaque-Belair, banquier dublinois. Depuis qu'il a vu Berill, il s'est juré de tout mettre en oeuvre pour faire d'elle sa femme.

Critique:
Comme je le dis à chaque critique, les livres de Françoise Bourdin sont des livres divertissants et détendants. Malgré cette légèreté, les personnages sont fouillés, l'histoire n'est pas si tirée par les cheveux qu'on pourrait le penser.

On imagine que Berill se sentira toujours incomplète, n'aimera jamais son mari, et finira par s'aigrir. Il n'en n'est rien. Bien sûr, elle regrette son ancienne vie, mais elle fait plus que s'accommoder de la nouvelle. Et puis, à la fin du livre, elle sait qu'elle pourra à nouveau être en contact avec les fauves.

Le personnage de Thérèsa est intéressant. Elle aime Berill, mais ne peut s'empêcher de se sentir étouffée par elle, et l'amour immodéré que lui porte son mari, le frère de Thérèsa. Quant à moi, j'ai aussi été agacée par cet amour qui excuse tout. Berill en profite un peu. Qui le lui reprocherait? Mais il est vrai que parfois, elle semble prendre beaucoup de place, et évincer les autres.

Il y a des situations un peu cliché: la mère de Thomas rejette Berill qui a une basse condition sociale.
Tout le monde, ou presque, succombe au charme de Berill.
Le personnage de Julian aussi est un peu cliché.

La guerre va précipiter les personnages dans un tourbillon dont certains auront du mal à se remettre. Comme dans toute saga familiale, il y aura un traître. Rien ne le disposait à cela. L'absurde de sa situation, c'est qu'il renie ses origines en se mettant du côté des nazis. Le lecteur a du mal à y croire. Bien sûr, il est possible que de telles aberrations se soient produites, mais essayer de convertir ses parents, et finir par les dénoncer, sachant ce qui leur serait fait, c'est un peu gros. En plus, le personnage en question est amoureux d'une allemande. Il aurait été plus percutant que la jeune fille en question fût contre le nazisme. Françoise Bourdin aurait ainsi rappelé que tous les allemands n'étaient pas nazis.

D'une manière générale, on s'attache aux personnages et à leurs histoires. On a envie de savoir la suite. C'est un livre de vacances. Et ceux qui aiment habituellement Françoise Bourdin ne seront pas déçus.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Julien pour les éditions VDB.
Moi qui râle assez souvent, aujourd'hui, c'est plutôt mes compliments que j'adresse à cette comédienne, qui, pour la lecture de cet ouvrage, n'a pas forcé les accents dans les noms étrangers.

Acheter « Une passion fauve » en poche sur Amazon