Une mère sous influence

L'ouvrage:
Morgane Adder se rend au baptême de Drew, le fils de sa meilleure amie, Claire. Elle trouve celle-ci profondément déprimée. En effet, depuis que Drew est né, Claire ne parvient pas à l'apaiser.
Pendant le baptême, un scandale éclate: la fille de Guy, Eden, débarque. Claire ignorait son existence.
Quelques jours plus tard, Morgane reçoit un appel désespéré de son amie: Guy et Drew sont morts... c'est elle qui les a tués.

Critique:
J'avais juré de ne pas lire d'autres Patricia Macdonald, après mes deux déceptions. Mais le résumé de ce livre m'intéressait, et je me suis souvenue des livres de cet auteur que j'avais aimés.

J'ai eu raison de lire celui-là. Si le livre reste dans la catégorie des polars que j'appelle classiques, il est bien ficelé. Le lecteur sait tout de suite que Claire n'a pas tué, mais l'auteur a été plus fine que dans certains autres romans, et on se demande comment les événements ont pu se dérouler. La solution est cohérente.

Il y a des rebondissements dont certains sont peut-être un peu attendus, mais ils arrivent au bon moment, et sont appropriés. On ne se traîne pas pendant des pages et des pages, à s'agacer parce que l'auteur piétine. Non. Ici, elle fait avancer son intrigue comme il faut.
La façon dont Morgane découvre les différentes clés de l'énigme n'est pas extravagante.
J'avais soupçonné la personne coupable à un moment. Malgré cela, l'auteur n'en fait pas trop, et tout est plausible, donc je ne lui en veux pas.
D'autre part, elle n'abreuve pas son lecteur de fausses pistes. Le roman est construit autrement, et c'est bien mieux.

La psychologie des personnages est assez creusée pour que tout se tienne. L'auteur insiste sur la dépression de Claire, mais je n'ai pas trouvé ça lourd. Au contraire, j'ai pensé que l'auteur creusait son personnage, expliquait son état et ses raisons.
Quant à Morgane, elle n'est pas une insipide gourde. Elle semble peut-être un peu trop parfaite, mais elle n'est ni niaise ni prétentieuse, donc ça va.
Ici, on ne trouve pas de méchants qui sont seulement méchants. Les motivations des uns et des autres sont plus complexes. Bien sûr, il y a des personnes peu aimables, mais rien n'est manichéen.

L'histoire d'amour n'est pas aussi invraisemblable que dans certains romans du genre. Bien sûr, on retrouve le gentil héros qui sauve sa belle, mais tout est moins tiré par les cheveux que dans d'autres romans de l'auteur. En outre, le couple ne se forme pas tout de suite.

Patricia Macdonald a introduit une originalité dans son roman: le personnage de l'avocate de Claire. C'est une bête de travail, comme le sont souvent les avocats dans les livres, mais elle est assez loufoque, et a des pratiques peu habituelles. C'est rafraîchissant.

Remarque annexe:
La grand-mère d'Eden s'appelle Ellen. En français, la prononciation est ressemblante. Les comédiens ne se sont pas trompés, alors que les deux prénoms étaient parfois employés dans les même passages.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Muranyi Kovacs et José Heuzé pour les éditions VDB.
J'apprécie ces deux comédiens qui jouent sans trop cabotiner. Dans ce roman, ils ont particulièrement bien joué. Par exemple, Muranyi Kovacs a su pleurer sans trop en faire. Elle a également su faire un petit accent naturel pour Astrid. En outre, ils n'ont pas tenté de prononcer les noms anglophones avec un horrible accent anglais.
Quant à José Heuzé, j'ai été contente de l'entendre... cela faisait un moment: sa voix et son jeu me manquaient.
Il y a juste une incohérence. Quand Eden arrive, l'auteur précise qu'elle a un accent du Sud. Du coup, la comédienne commence par lui faire un accent du Midi de la France, puis un accent racaille. Or, l'auteur étant américaine, il est évident qu'Eden vient du Sud des États-Unis, ce qui est confirmé par la suite.

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