Une fois dans ma vie

L'ouvrage
Eugénie et Victor sont à la retraite. Ils sont maintenant gardienne et régisseur bénévoles du théâtre Jacila. Autour d'eux, gravitent les comédiens de la pièce du moment, et d'autres bénévoles dont Juliette, Céline, et plus tard, Laura. Chacun se confie, on s'entraide...

Critique:
Habituellement, la force des comédies de Gilles Legardinier, c'est qu'elles content des situations souvent rocambolesques, et qu'on y croit. Pour moi, la magie n'a absolument pas opéré avec «Une fois dans ma vie». L'auteur s'essouffle-t-il? En ai-je assez de ce genre? En tout cas, à mon avis, 90% de ce roman sonne faux, car tout y est excessif. Les éléments supposés amusants deviennent pathétiques. Par exemple, lorsque Céline et ses amies organisent une expédition punitive chez Martial, on devrait rire de leur déconfiture programmée, et trouver leur solidarité attendrissante. J'ai plutôt soupiré. Puisqu'il était couru d'avance que cela ne fonctionnerait pas, et pouvait même attirer des ennuis à Céline, pourquoi le faire?

En outre, Juliette et Céline sont focalisées sur le fait qu'il leur faut un homme! Il est logique qu'elles aient envie de rencontrer quelqu'un, mais elles semblent ne voir que par cette solution. En parlant de Juliette, son coup de foudre et les songes mièvres qui en découlent m'ont exaspérée. Les rêves niais des amoureux peuvent être amusants, mais ici, cela a eu l'effet inverse sur moi, me faisant imaginer Juliette comme une pauvre fille sans cerveau! En plus, j'ai eu énormément de mal à comprendre comment il se faisait qu'elle imagine Loïc comme l'homme de sa vie, alors qu'elle le connaît à peine. Qu'elle désire le découvrir, qu'il lui ait tapé dans l'oeil, pourquoi pas? Mais qu'au bout de quelques petites rencontres (non fortuites), elle soit dans un état de délire extrêmement avancé, c'est exagéré.

Eugénie aussi m'a profondément agacée. Madame s'ennuie, elle ne sait plus quoi faire de son temps, alors, elle remet toute sa vie en question. Je comprends qu'on puisse, à un moment, s'interroger, craindre d'être inutile, et faire quelque chose de sa vie, mais à ce point...! Notre héroïne va se mêler de la vie de tous, ce qui, là aussi, a provoqué mes soupirs énervés. Pourtant, c'est un ingrédient qui fonctionne, d'habitude, dans ce genre de livres. Ici, j'avais envie de dire à Eugénie que si elle s'ennuyait vraiment, je pouvais lui faire faire mon ménage! Mais surtout, je souhaitais qu'elle cesse de se mêler des affaires de ses amis sans qu'on le lui demande, même si je savais qu'elle n'avait que de gentilles intentions.

D'autres passages et répliques m'ont semblé grandiloquents sans comique, mais je pense que vous avez saisi le principal, donc je n'en énumérerai pas plus.
Tout se termine trop bien. Non que cela me déplaise, je suis plutôt pour les fins optimistes, surtout dans ce genre. Mais ici, c'était à la limite du crédible, surtout concernant les histoires d'amour...

Passons à ce qui m'a plu.
J'ai aimé Victor. Il est à la fois drôle (même s'il en fait trop dans les premiers chapitres), généreux (sans en faire des tonnes), pragmatique... C'est lui qu'on retrouve dans les rares scènes qui m'ont fait sourire. Je pense notamment au moment où Juliette fait son numéro de pleureuse. Alors que je pestais en me demandant pourquoi elle n'avait pas agi ainsi plus tôt, et pourquoi il fallait que ce soit fait de manière si grandiloquente, Victor a sauvé le tout en me le rendant nettement plus agréable!

J'ai également apprécié l'incongruité créée par Céline qui ne sait plus à quel saint se vouer (si j'ose dire), et a besoin d'un regard masculin. La façon dont cela s'achève m'a plu, parce que c'est une situation à la fois tendre et cocasse sans affectation.

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Valérie Marchant.

Ayant beaucoup aimé Valérie Marchant dans «La fille du train», j'étais contente qu'elle enregistre ce titre. J'ai malheureusement été déçue qu'entre autres, elle prenne une voix très grave et éraillée (j'avais envie de lui dire de se racler la gorge) pour Victor, et une voix haut perchée (qui ne me paraissait pas naturelle) pour Juliette. Cela renforçait l'image d'imbécile heureuse que j'avais de la jeune femme, et je ne pense pas que c'est ce que voulait l'auteur. Au fil des chapitres, soit je me suis habituée, soit la comédienne a moins accentué les différentes voix qu'elle faisait, car cela passait mieux. Cependant, j'aurais préféré qu'elle ne marque pas à ce point certains rôles.

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