Une colonne de feu

L'ouvrage:
1558. Les guerres de religions n'en sont qu'à leurs débuts. Ned Willard aspire à une vie calme avec celle qu'il aime, Margery Fitzgerald. Mais les parents de la jeune fille souhaitent qu'elle épouse un comte, afin que leur famille accède à la noblesse. D'autre part, les croyances des uns et des autres vont créer des clans dans la ville de Kingsbridge, et d'une manière générale, en Angleterre et en France.

Critique:
Après avoir été conquise par les tomes 1 et 2 de la série, j'ai été déçue par le troisième. D'abord, je ne me suis attachée à aucun personnage. Je les trouvais tous fades et prévisibles. Parfois, mon intérêt était éveillé (comme lorsque Pierre se fait damer le pion concernant l'enfant d'Odette), mais la plupart du temps, je me suis traînée péniblement.

Si dans les deux premiers volumes, les histoires d'amour me semblaient exemptes de niaiserie, ici, elles m'ont toutes agacée. Dans les autres opus, je trouvais certaines péripéties un peu discutables, mais l'auteur finissait par bien s'en sortir. Ici, entre celle qui n'ose pas laisser une vie atroce pour fuir avec celui qu'elle aime; celui qui est contraint de laisser celle qu'il aime éperdument, et revient des années après, alors qu'il aurait pu revenir plus tôt; celui qui en aime follement une, mais tombe éperdument amoureux d'une autre; celui qui est dévasté par la perte de celle qu'il aime, mais trouve quelqu'un d'autre, j'avais l'impression d'être dans du Danielle Steel ou du Françoise Bourdin! Bien sûr, certains ont des circonstances atténuantes. De plus, on me dira que quelques-unes de ces ficelles sont dans les deux premiers livres. Certes, mais j'ai trouvé qu'elles étaient plus fines, mieux utilisées, surtout qu'elles ne le sont pas autant dans les tomes précédents. Pour moi, dans «Une colonne de feu», l'auteur en fait trop.

D'autre part, il y a trop de politique pour moi. On se retrouve entre Élisabeth d'Angleterre et Marie Stuart, sans oublier la reine Catherine... Certes, ces intrigues ressemblent un peu à celles des tomes 1 et 2 à propos des prieurs de l'église de Kingsbridge, mais pour moi, c'est différent, parce que j'avais appris à connaître les personnages concernés, qu'ils avaient une vie à part cette lutte de pouvoirs, et que je parvenais à m'identifier à eux étant donné qu'ils ne gravitaient pas dans les hautes sphères.

Bien sûr, Ken Follett montre que quel que soit le camp (catholique ou protestant) il y avait des tolérants, des modérés, et des fanatiques. J'ai trouvé cela bien fait, mais je ne m'attendais pas à moins. Je n'aurais pas compris qu'il simplifie les choses.

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Lionel Bourguet.

Je trouve logique que les trois romans de la série soient enregistrés par trois comédiens différents. J'ai apprécié l'interprétation juste de Lionel Bourguet. Outre un jeu naturel, il ne monte pas sa voix à outrance pour les rôles féminins. Par contre, j'ai été déçue qu'il fasse un accent espagnol à Carlos, d'autant qu'apparemment, ce personnage parle espagnol avec ses amis. Donc pourquoi lui faire un accent alors que ses paroles sont traduites en français (comme tout le roman) pour que le lecteur français puisse les comprendre? D'ailleurs, dans le livre en version originale, tout est écrit en anglais. En suivant ce raisonnement, il aurait fallu faire un accent anglais à tous les personnages anglais de l'histoire. J'aurais sûrement tourné chèvre si cela avait été fait ainsi. ;-)
À un moment, le lecteur fait aussi un accent italien à la reine Catherine, car il est dit qu'elle a un petit accent italien lorsqu'elle parle français. J'ai bien compris que le lecteur ne le faisait pas tout le temps, parce que les autres fois où Catherine est présente, elle parle anglais, et n'a, a priori, pas d'accent étranger... Cependant, je trouve (encore et toujours) qu'il est laborieux (si cela ne l'est pas pour le comédien, cela l'est pour mes oreilles) que des accents soient faits, même lorsque l'auteur dit que le personnage en a un. La seule fois où cela m'a semblé pertinent, c'était dans «Le sourire des femmes», parce que le personnage n'apparaissait pas trop, et que son accent ajoutait au comique de la situation.

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