Une brève histoire du tracteur

L'ouvrage:
Nicolaï Maïevski est ukrainien. Il vit à Londres. Il a plus de quatre vingts ans. Il vit seul, depuis la mort de sa femme, Ludmila, il y a deux ans. C'est alors qu'il rencontre Valentina, ukrainienne, trente-six ans, dont l'ambition est d'épouser un homme riche, et de rester en Angleterre.
Vera et Nadejda, les filles de Nicolaï, ne s'entendent pas, mais devront faire cause commune contre l'envahisseur.

Critique:
J'ai un sentiment mitigé quant à ce livre. Marina Lewycka expose bien les techniques de harcèlement d'une personne sans scrupules. Pourtant, j'ai trouvé cela très convenu. Valentina est une peste intéressée, même pas intéressante. On me dira que des saletés dans son genre existent. C'est vrai, mais j'ai été gênée par son manichéisme.
En outre, tout le monde râle contre la suprématie de Valentina, qui n'hésite pas à se montrer violente et irascible lorsque tout ne va pas comme elle veut. Même lorsque la loi est pour les Maïevski, personne ne se montre assez énergique pour expulser l'intruse de la maison. Même Vera qui parle beaucoup, a l'air de savoir ce qu'il faut faire, et comment le faire, se dégonfle lorsqu'elle est face à la sorcière.
Tout cela m'a agacée.

Il est intéressant de voir la façon dont Dadejda s'implique dans cette histoire. Elle n'aime pas Valentina, mais parfois, tente de voir les bons côtés de la jeune femme, ou, du moins, ne la condamne pas sans avoir la certitude de ses turpitudes.
D'autre part, Nicolaï est un personnage creusé. Esseulé, il veut croire qu'une explosive jeune femme pourrait l'aimer pour lui-même. Ça le rend versatile. Au long du livre, on découvre qu'il peut aussi être impulsif. Il m'a tour à tour agacée et attendrie.
Par petites touches, l'auteur nous apprend le passé de Nicolaï, et on plonge dans la guerre et la précarité qu'elle engendre pour les citoyens moyens.
Outre cela, le lecteur découvre également l'histoire de la famille. Nadejda se rend compte, grâce à cette triste histoire, que sa soeur et elle n'ont pas vécu les mêmes choses, n'ont pas connu les mêmes paramètres, et que Vera a peut-être des raisons d'être si dure.

Je n'ai pas vraiment réussi à m'attacher aux personnages principaux. Pourtant, l'auteur nous en brosse un portrait assez complet et complexe. Il n'y a que Valentina qui soit caricaturale. Malgré cela, les personnages ne m'ont pas assez interpellée pour que je sois vraiment avec eux. Je voulais qu'ils triomphent, mais j'étais également assez distante.

Remarque annexe:
Marina Lewycka a fait un clin d'oeil sympathique à son lecteur. En effet, on retrouve Nicolaï dans «Deux caravanes». Il apparaît peu, mais on le reconnaît bien! Je suis contente de m'être souvenue de ce personnage, et d'avoir pu vérifier que c'était bien lui.

Éditeur: les Deux Terres.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Marie-Rose Delaloye pour l'Étoile Sonore.

Acheter « Une brève histoire du tracteur en Ukraine » sur Amazon