Un membre permanent de la famille

L'ouvrage:
En douze nouvelles, Russell Banks présente un échantillon de la société actuelle.

Critique:
Je suis moins à l'aise avec les nouvelles qu'avec les romans. Quand j'en lis, j'ai du mal à passer d'une nouvelle à l'autre. Ici, cela ne m'a pas trop dérangée, car beaucoup d'entre elles m'ont plu dès le commencement. En peu de pages, l'auteur plante un décor, plonge ses personnages dans des situation étrange ou délicate. Par exemple, la nouvelle qui a donné son nom au recueil pourrait sembler être une histoire banale. Pourtant, Russell Banks fait très bien passer toutes les émotions qu'elle implique. Il fait ainsi pour d'autres nouvelles, comme «Fête de Noël». En effet, ici, il ne se passe pas grand-chose, cependant, la tension est palpable. À la fin, on se rend compte qu'un drame (dont on ne définit pas vraiment la teneur) aurait pu avoir lieu.

Quant à «Oiseaux des neiges», elle expose la réaction d'une femme en deuil. Celle-ci se rend très bien compte qu'elle réagit de manière inattendue, voire déstabilisante, et s'en explique. On comprendra très bien ce qu'elle ressent. Sa vie, ainsi que celle de l'amie qui vient l'aider à supporter cette épreuve, prend une autre tournure. Il suffit d'événements anodins ajoutés les uns aux autres, de réflexions que se font les héroïnes pour que les choses changent.

Pour donner un autre exemple, j'ai beaucoup apprécié «Big dog», car elle me semble particulièrement juste. Peut-être même aurait-elle mérité d'être développée et transformée en roman...

Au milieu de ces nouvelles étudiant bien la psychologie de personnages profondément humains, se glisse une énigme. Il s'agit de «À la recherche de Veronica». C'est une espèce de jeu de pistes, dont on ne démêlera pas complètement les fils. À noter que c'est peut-être moi qui n'ai pas su voir la solution. Cela n'est pas vraiment gênant, car là encore, on s'attachera au récit de cette femme, et à ce que cela révèle d'elle.

Quelques nouvelles m'ont moins plu. Par exemple, «Le perroquet invisible». Elle décrit pourtant un aspect de notre société. Je l'ai trouvée moins convaincante, moins creusée...
J'ai également eu du mal à accrocher à «Perdu trouvé».

Malgré mes petits reproches, je vous conseille ce recueil dont la plupart des nouvelles sont justes.

Éditeur: Actes Sud.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Françoise Golaz pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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