Un mariage anglais

L'ouvrage:
Alors qu'il est dans une librairie, Gilles Coleman, soixante-six ans, voit, par la fenête, Ingrid, sa femme, qu'on croit morte depuis dix ans. Il lui court après et fait une mauvaise chute. Il est transporté à l'hôpital, et sa fille, Nan, est avertie. Elle est persuadée que Gilles n'a pas vraiment vu Ingrid, il l'a imaginée. Flora, l'autre fille du couple, voudrait quand même creuser cela. Et si sa mère était revenue?

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. Il y a pourtant une chose qui aurait pu me déranger au niveau de la structure: le passé et le présent alternent. En général, cela me gêne, mais ici, j'ai trouvé que c'était approprié.

Claire Fuller exhorte son lecteur à ne pas interpréter sans creuser. Par exemple, Flora révère son père, et il faut que Nan lui dise certaines choses de manière peu aimable pour qu'elle accepte de les entendre. Cela m'a perturbée parce que j'espère toujours tenir compte de tous les paramètres qui se présentent. Or, Flora ne semble pas être particulièrement stupide, cependant, elle s'est laissée aveugler par l'amour qu'elle a pour son père. Si Nan savait certaines choses, alors Flora pouvait les comprendre aussi. Je sais que je suis sévère envers elle, car on juge toujours par rapport à ce qu'on voit, et surtout ce qu'on veut bien voir.

À travers le vécu de la femme de Gilles, l'autrice fait un genre de mise en garde quant au fait de dépendre complètement de son conjoint, et de ne pas pouvoir s'assumer soi-même si les choses tournent mal.

J'ai apprécié Ingrid qui, à mon avis, fait ce qu'elle peut. Même si j'aurais fait d'autres choix, j'ai toujours compris les siens.
Je n'ai accordé aucune circonstance atténuante à Gilles. Pour moi, il n'a aucune excuse. Il n'est pas le seul que je blâme, mais c'est celui que j'incrimine le plus. Je suis quand même d'accord avec Ingrid lorsqu'elle dit qu'elle aurait pu arrêter la machine infernale.

Richard, le très récent petit ami de Flora, s'insère vite dans la famille, est rapidement complice avec Gilles et Nan. Cela agace Flora. Je l'ai trouvée sévère tout en la comprenant. J'imagine qu'à sa place, je me serais sentie exclue, et j'aurais peut-être réagi de la même manière.

Pour moi, le récit ne souffre d'aucun temps mort. J'aurais préféré que Nan et Flora trouvent les lettres d'Ingrid. On peut d'ailleurs se demander si Gilles n'en aurait pas trouvé certaines, et ait peur qu'il y en ait d'autres. Cela expliquerait qu'il tienne absolument à une certaine chose.
Sinon, je me demande comment il se fait qu'une de ces lettres se soit retrouvée dans la librairie. Gilles aurait-il fait des dons au magasin? C'est peut-être mentionné au détour d'une page, et ça ne s'est pas imprimé dans mon petit cerveau...

J'aurais aussi voulu savoir où se trouvait Ingrid. Morte ou enfuie? Je crois qu'il y a un indice à ce sujet dans l'épilogue, mais je n'ai pas su le saisir. Je pense qu'il faudrait que je relise le roman en cherchant les indices concernant le sac dont il est question dans l'épilogue. Cependant, même si cela signifie ce que je pense, cela ne donne pas assez de précisions sur les années passées.

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Rafaèle Moutier.

J'avais un a priori négatif quant à cette comédienne, parce que je la trouve affectée lorsqu'elle fait du doublage. J'avais donc une petite appréhension en demandant ce livre en service presse. Je suis contente d'avoir pris le risque, car j'ai apprécié son jeu. Son intonation est toujours adéquate, elle joue les sentiments et les émotions des personnages sans cabotiner, ce dont j'avais peur. Je lirai donc avec plaisir d'autres livres qu'elle enregistrera.

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