Un chat des rues nommé Bob

L'ouvrage:
2007. James, ancien toxicomane, est musicien des rues, et vit dans un logement social. Un jour, sur le paillasson d'un appartement de son immeuble, il trouve un chat famélique, qui lui témoigne de l'affection. Pensant qu'il appartient à celui qui habite l'appartement, il le laisse à contrecœur. Au bout de plusieurs jours à le voir sur ce paillasson, il frappe à la porte. L'homme qui lui ouvre lui apprend qu'il ne connaît pas ce chat. James décide alors de le recueillir, au moins le temps de le retaper.

Critique:
Une fois n'est pas coutume, cette chronique va commencer par un épisode de «La Livrophile raconte sa vie». (D'habitude, c'est Angèle Boutin (cheffe de projet chez Versacom, l'agence qui s'occupait de la communication digitale et relation influenceurs d'Audible.fr) qui a droit à cela, et fait toujours contre mauvaise fortune bon cœur. ;-) )
Depuis que j'ai interviewé Arlette Bratschi (lectrice bénévole à la BBR), nous sommes restées en contact, et nous bavardons joyeusement de nos lectures. Il y a quelque temps, elle m'a parlé d'un témoignage qu'elle avait adoré concernant un homme qui avait trouvé un chat, et avait tout fait pour triompher de son addiction (je n'ai pas retenu si c'était à la drogue ou à l'alcool) pour bien s'occuper de ce chat. Elle ne m'a pas dit le titre, mais m'a assuré que la BBR allait l'enregistrer. Plus tard, j'ai vu que la BBR avait enregistré «Égarés», de Britt Collins, et j'ai été sûre qu'il s'agissait du témoignage que m'avait recommandé Arlette. J'ai donc sauté sur le livre. Il m'a donné un énorme cafard, et je ne l'ai pas chroniqué. J'aurais sûrement larmoyé au long de tout mon écrit. De plus, je ne voulais absolument pas que cela puisse inciter des gens à le lire. En effet, il ne m'a pas plu. Je ne dirai pas pourquoi ici parce que cela gâcherait la découverte à ceux qui voudraient le lire. En outre, cela m'a renvoyée à mes relations avec mes chats, et cette combinaison n'a fait que renforcer mon mal être. Plus tard, j'ai dit à Arlette pourquoi le livre ne m'avait pas plu. Comme elle ne se souvenait pas du titre, mais uniquement du thème, elle a été déçue pour moi, mais n'a pas trop rebondi. J'ai pensé qu'elle avait aussi oublié cet aspect du témoignage. Et voilà qu'en parcourant les nouveautés de la BSR, je suis tombée sur «Le monde selon Bob». Voyant que c'était une suite sur ce thème, j'ai cherché le premier tome. Il avait été enregistré par la BBR, et c'était «Un chat des rues nommé Bob». Je pense que c'est ce livre-là qu'Arlette m'avait recommandé, et non «Égarés».

Ce témoignage m'a beaucoup plu. Une complicité s'établit très vite entre James et Bob, et on comprend bien que chacun a choisi l'autre. Comme je suis très pénible, j'ai un petit reproche: j'ai moins apprécié que le narrateur tente, sitôt Bob guéri, de lui faire réintégrer la rue. Bien sûr, ses raisons sont compréhensibles: il pense ne pas suffire au chat, et en plus, a peur de ne pas pouvoir s'en occuper comme celui-ci le mérite. Il est touchant de voir que le chat a été un genre de douche ou de réveil, faisant comprendre à James qu'il avait une responsabilité, que le félin lui faisait confiance, et que maintenant, l'humain n'avait plus qu'à s'en montrer digne.
J'ai très bien compris que James considère rapidement Bob comme son enfant. Moi-même, je ne vois mes chats qu'ainsi.

Le narrateur décrit donc son parcours. Il ne tombe jamais dans le larmoiement, et n'hésite pas à reconnaître qu'il a eu un mauvais comportement lorsqu'il était adolescent, puis lorsqu'il s'est établi en Angleterre. Je trouve son histoire très positive: il a souhaité donner un foyer à Bob alors qu'il n'avait pas d'argent, il a eu la force de se débarrasser de ses addictions, de regarder sa situation en face... Lorsqu'il n'a plus pu jouer dans les rues, il a voulu faire autre chose... Une seule fois, il a failli céder au désespoir, et étant donné les circonstances, je l'ai compris.
Quant à Bob, je ne sais pas trop quoi en dire. Pour moi, tous les chats sont comme il est décrit, donc je n'ai pas du tout été étonnée de découvrir qu'il fait fondre tous ceux qui le rencontrent. Bien sûr, chaque chat a ses particularités, et celles de Bob sont sympathiques, mais connaissant les petits félins, elles ne m'ont pas surprise, et m'ont captivée. L'un de ses actes (dans un des derniers chapitres) m'a beaucoup fait rire. Mes chats n'ont pas encore fait ça.

Ce livre aussi m'a renvoyée à ma relation avec mes chats, à ce que je fais de bien (si je ne précise pas que je fais de bonnes choses, mon amie Cathy (dite la limace) va me fouetter), à ce que j'ai fait de mal, à ceux dont l'absence me fera toujours mal. Je suis heureuse d'avoir lu ce livre où un humain et son chat sont si unis. Je suis contente, car la suite m'attend! :-)

Éditeur: Pocket.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jean-Paul Beer pour la Bibliothèque Braille Romande.
J'apprécie ce lecteur qui n'en fait jamais trop, mais n'est pas non plus monotone.

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