Uglies, tome 1

L'ouvrage:
Tally Youngblood n'a pas encore seize ans. Elle habite donc à Uglyville. Dès qu'elle aura seize ans, elle subira une opération qui la fera devenir belle (soit une pretty). C'est ainsi que ça se passe, à Uglyville. Tally attend ses seize ans avec impatience: elle ne veut plus être moche, et veut s'amuser à New Pretty Town.
C'est alors qu'elle rencontre Shay qui n'a pas l'air si pressé que ça d'être une pretty. Elle tente de faire réfléchir Tally en lui disant qu'il vaut mieux avoir son libre arbitre plutôt que de se laisser formater.

Critique:
L'idée de départ est intéressante, parce que l'auteur tente de faire ressortir les mauvais côtés du formatage. C'est une bonne idée, car il est toujours surprenant de voir le nombre de gens qui n'ont pas l'esprit critique, et avalent tout rond ce qu'on leur dit, seulement parce qu'on le leur a dit avec conviction, ou parce que celui qui le leur a dit est Untel ou Unetelle. En outre, il est intéressant, à la fin, de voir une confrontation entre une ugly qui prône l'esprit critique et une pretty qui préfère rester formatée mais contente de sa vie.

Malgré cela, j'ai trouvé ce premier tome un peu fade. Si l'idée est bien exploitée, l'histoire traîne beaucoup. Le récit est bien trop lent.
L'histoire d'amour est tellement clichée que j'ai été étonnée que l'auteur ose s'en servir. De plus, elle survient alors que les deux protagonistes ne se connaissent pas plus que ça.
L'auteur crée un univers inconnu, et en général, je suis contente de toutes les découvertes qu'occasionne ce genre de créations. Ici, à part les planches, les gilets, et les bracelets anti-crash, il n'y a rien de bien palpitant. Et encore, ces objets et leur utilisation sont prévisibles. Le lecteur n'est pas vraiment immergé dans un univers qui le dépayserait.

Les personnages ne m'ont pas vraiment été sympathiques. Même ceux qui prônent l'esprit critique n'ont pas l'air si réalistes. Il faut dire que je n'ai pas réussi à apprécier Tally. Son dilemme pourrait être intéressant, son évolution également. Pourtant, elle ne m'a pas convaincue. Je l'ai trouvée gourde. Et puis, son évolution et sa décision finale en font une héroïne parfaite. Je n'aime pas les personnages de ce genre. Leur perfection les déshumanise.

Tout cela fait que je n'ai pas vraiment réussi à rentrer dans l'histoire.

Certains me diront que je suis sévère, que c'est un roman pour la jeunesse, et qu'il faut le voir comme tel. Soit. Mais roman pour la jeunesse ne veut pas forcément dire clichés, et univers bâclé. Si vous lisez la série «Darkest powers», de Kelley Armstrong, qui est pour la jeunesse, vous découvrirez des personnages et des situations évitant le cliché.

Remarque annexe:
Les uglies ne savent pas écrire, mais apparemment, savent lire... Je trouve cela paradoxal. Soit on ne sait ni écrire ni lire, soit on sait faire les deux.

Par curiosité, je lirai le tome 2. Je verrai bien si j'ai envie de lire les autres ensuite.

Éditeur: Pocket jeunesse.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Nadine Wergifosse pour la Ligue Braille.
La lectrice a une voix douce et agréable. Sa lecture est un peu lente, mais son intonation est juste. Je tiens à lui adresser un remerciement spécial pour ne pas avoir tenté de singer un accent anglophone en prononçant «ugly», «pretty», «special», etc. J'imagine mon calvaire si j'étais tombée sur un lecteur qui fait un accent anglophone pour tous les mots et noms anglais!!! Le fait que la lectrice ait choisi de ne pas le faire a accentué le naturel de sa lecture.

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