Tu me manques

L'ouvrage:
Kat Donovan est célibataire depuis dix-huit ans, depuis que son fiancé, Jeff, l'a quittée. Son amie, Stacy, tenant à ce qu'elle trouve quelqu'un, l'inscrit sur «Just my type», un site de rencontre. C'est alors que parmi les inscrits, Kat reconnaît Jeff.
D'un autre côté, l'homme ayant reconnu avoir assassiné le père de Kat, avoue, alors qu'il est sous médicament, qu'il ne l'a pas fait, mais qu'on lui a demandé de porter le chapeau, ce qui ne changeait rien pour lui, puisqu'il était déjà reconnu coupable de deux meurtres.

Critique:
Après la lecture du résumé, j'avais peur qu'Harlan Coben s'auto-plagie, comme le fait Jean-Paul Dubois. Or, il n'en est rien. L'auteur a utilisé certaines ficelles dont il est coutumier, et qui fonctionnent si elles sont maîtrisées: un vieux meurtre dont le coupable est peut-être innocent, une histoire d'amour qui n'a pas dit son dernier mot, un jeune garçon qui craint que sa mère ait disparu... et des «méchants» qui sont prêts à tout pour atteindre leur but.

Si je suis un peu réticente aux romans policiers que je trouve un peu faciles, je reste attachée à Harlan Coben (même si j'avais peur que «Six ans déjà» signe le début de son essoufflement), car il parvient à créer des personnages profondément humains... dans tous les sens du terme. En effet, les «méchants» aussi sont humains. Ils représentent les pires côtés de l'humanité. Quant aux personnages «normaux», on s'identifiera très facilement à eux.

D'autre part, comme dans certains de ces romans, Harlan Coben soulève certains problèmes d'actualité. Ici, les «méchants» pervertissent quelque chose qui, au départ, n'est pas nuisible, et qu'on rencontre de plus en plus. Ce qui se passe dans le roman m'a fait un peu penser à un élément de «Faute de preuves». Ces deux faits ont un petit côté prévention qui n'est pas pour me déplaire.
Ce qui arrive au père de Kat fera également réfléchir. Là encore, on pensera inévitablement aux préjugés, mais aussi au fait qu'un autre personnage aurait peut-être dû agir différemment...

Harlan Coben maîtrise son suspense et ses rebondissements. J'avais deviné certaines choses, mais l'auteur ne traîne pas trop, donc ce n'est pas si grave. En outre, les personnages étant attachants, j'ai pris plaisir à les suivre dans leurs péripéties, même si j'ai su certaines choses avant eux.

Au sujet des personnages, ma préférence va à Brandon et à stacy. Le premier pour son intuition, sa remise en question, son à propos. La seconde pour sa fraîcheur, sa manière de forcer Kat et le lecteur à bousculer leurs préjugés, sa causticité.

Remarque annexe:
J'aime bien ce qui arrive à Beau après les événements marquants du roman.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Maud Rudigoz. Ce livre m'a été envoyé par les éditions Audiolib.
Au tout début, il m'a semblé que la lectrice cherchait un peu son ton. Cependant, je l'ai vite trouvée à l'aise. En outre, elle a su adopter un timbre de voix différent pour les hommes et Brandon sans trop en faire.

À un moment, le mot «dégingandé» apparaît. Lorsque je l'ai entendue, mon mari était dans la même pièce que moi. J'ai dit: «Tiens, elle l'a mal prononcé.» Mon mari a affirmé que c'était moi qui avais tort. Après plusieurs vérifications dans divers dictionnaires (papier, en ligne) et forums, c'est bien moi qui ai raison. Le mot se prononce comme il s'écrit et non «déguingandé». Il semble que cette erreur soit très ancienne et que beaucoup la fasse. Ce que je ne parviens pas à comprendre, c'est la raison pour laquelle la faute de prononciation s'est installée, étant donné que l'orthographe du mot ne recèle aucun piège.

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