Trois voeux

L'ouvrage:
Ce sont des triplées, elles ont trente-trois ans. Lyn veut maîtriser son entreprise et sa vie de famille, sans reconnaître qu'elle devrait être moins exigeante envers elle-même. Gemma mène une vie de bohème, et aucun de ses petits amis ne dure plus de six mois. Cat est mariée, et veut avoir un bébé.

Critique:
Ce roman est le premier de Liane Moriarty. En parcourant des chroniques sur Babelio, j'ai lu que si «Le secret du mari» n'avait pas rencontré un tel succès, «Trois voeux» n'aurait jamais été traduit. La chroniqueuse a probablement raison, et moi qui n'ai pas aimé «Le secret du mari», je dois admettre qu'après avoir lu «Trois voeux», je suis ravie que tant de gens, en ayant aimé un livre qui ne m'a pas plu, m'aient permis de découvrir mon préféré de Liane Moriarty. C'est mon préféré d'abord parce que les situations semblent moins mises en scène que dans les autres. Par exemple, dans «Un peu, beaucoup, à la folie», l'autrice use d'énormes ficelles pour retarder certaines révélations. Ici, ce n'est pas le cas. Certes, il y a bien ce que j'appelle «le prologue qui sert à rien» (celui qui raconte une partie d'un moment clé, dont on retrouvera la résolution dans le dernier quart du livre), mais j'ai tellement appris à dédaigner ces prologues que la présence de celui-là ne m'a presque rien fait.

D'une manière générale, ce roman m'a paru plus fluide que les autres livres de Liane Moriarty. Je n'étais pas toujours à me demander comment allait se passer ceci, se résoudre cela... De plus, plusieurs éléments lui confèrent un parfum de comédie. Par exemple, le «revirement» (si j'ose dire) de Franck et Maxine, ainsi que la seconde rencontre entre Lyn et Joe, ou bien la manière dont Cat retombe sur ses pattes, et d'autres choses. Bien sûr, il y a de tristes événements, comme ce qui arrive à nana Kettle vers la fin, ou à Cat, mais même là, l'autrice parvient à atténuer le malaise de ses personnages par de petites répliques ou des situations quelque peu cocasses. En fait, ce roman a une autre ambiance que celle des autres écrits de Liane Moriarty. Pendant ma lecture, je me surprenais à penser qu'il me rappelait un peu l'ambiance de «Tout (n')est (pas du tout) sous contrôle», de Sophie Henrionnet, ou encore de la série «Debutante dropout mysteries», de Susan McBride.

Chaque personnage a ses particularités. Cat m'a un peu agacée, mais me connaissant, il aurait été étrange que ce ne fût point le cas.
J'aurai aimé que Gemma confiât son «problème» à ses soeurs, car elles l'auraient aidée à s'en débarrasser. Certes, elle parvient à le faire seule, mais il lui faut du temps, et il faut qu'elle accepte de voir certains éléments. De plus, le fait de taire ce souci n'occasionne que de la souffrance.

Je ne me suis pas ennuyée au long du roman. J'ai un peu moins aimé les chapitres titrés, mais ils étaient quand même sympathiques: ils évoquaient les triplées vues par des inconnus d'elles et du lecteur, des gens que, sans le savoir, elles ont marqués.

Éditeur: Albin Michel.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Moinat pour la Bibliothèque Sonore Romande.

Les éditions Audiolib ont sorti ce roman, et j'apprécie beaucoup le jeu d'Audrey d'Hulstère, la comédienne qui l'a enregistré, mais la BSR a fait enregistrer ce roman avant les éditions Audiolib, et Martine Moinat faisant partie de mes lecteurs favoris, j'ai rapidement lu le roman, avant de connaître l'existence de l'autre version. Ici, Martine Moinat n'a pas démérité. Comme je suis extrêmement pinailleuse, je ne peux m'empêcher de préciser qu'elle a raté le test de prononciation de «dégingandé», mais je rappelle (je l'ai dit dans d'autres chroniques) qu'elle prononce «moeurs» et «klaxon» correctement. Il me reste à entendre comment elle prononce «gageur» et «s'égailler». ;-)

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