Tout cela je te le donnerai

L'ouvrage:
Ce matin-là, la police frappe à la porte de Manuel Ortigosa. On lui annonce la mort de son mari, Álvaro Muñiz de Dávila, dans un accident de voiture. Il se serait endormi au volant. Manuel n'a pas l'occasion de digérer cette catastrophe, car il apprend qu'Álvaro avait, depuis trois ans, renoué avec sa famille, de riches aristocrates. À la mort de son père, Álvaro a hérité du titre de marquis, et s'est employé à redresser les affaires de la famille. Il a désigné Manuel comme légataire de ses biens. Ainsi, celui-ci va devoir découvrir des pans de la vie de son mari.

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. Il peut paraître un peu long, mais cela ne m'a pas dérangée. En effet, l'autrice analyse la psychologie de ses personnages, prend le temps de les montrer dans diverses situations, etc. Il y a un moment où j'ai trouvé que Dolores Redondo exagérait un peu parce que ce que découvraient les personnages les poussait à soupçonner une personne en particulier, et qu'il aurait été dommage que cette personne fût coupable. Elle a quand même bien amené les choses, à mon avis.

Je m'attendais à ce que la famille Muñiz de Dávila soit détestable, mais l'autrice a quand même su me surprendre. C'est à peu près la même chose concernant Álvaro: on sait très vite que Manuel va apprendre des choses déplaisantes, à commencer par le fait qu'il avait renoué avec sa famille. Cependant, Álvaro ne se révèle pas complètement différent de ce que connaissait son mari. L'autrice n'a pas fait quelque chose de totalement invraisemblable.

La famille Muñiz de Dávila est très vite entourée de mystères. Certaines questions se posent, petites énigmes s'imbriquant dans la grande. Tout finit par être expliqué de manière cohérente. Je n'avais rien deviné. C'est après coup que j'ai pensé que tel personnage avait dit ceci et cela pour telle et telle raison, etc. J'aurais quand même aimé savoir ce qui arrive vraiment à la personne coupable de tout. On s'en doute, mais il aurait été bien que cela soit précisé. Si cette personne est coupable du mal qui arrive dans le présent et qui est arrivé dans le passé proche, deux autres sont coupables de méfaits plus anciens. Je trouve que ces personnages n'ont pas assez souffert.

J'aurais aussi aimé en savoir plus quant à Nogueira. Là encore, on sait ce qui arrive à partir du moment où Laura prend une certaine décision, mais j'aurais aimé que cela soit développé, les personnages ayant d'importantes choses à se dire. Peut-être l'autrice a-t-elle eu peur d'écrire une scène trop larmoyante. Il est vrai qu'elle aurait eu du mal à l'éviter, et que cela m'aurait peut-être cassé les pieds... ;-)

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Christophe Brault pour les éditions Lizzie.

J'ai déjà pu apprécier la lecture de ce comédien dans «Le meurtre du commandeur». J'ai donc été contente de le retrouver ici. J'ai apprécié son jeu. Il est parvenu à modifier sa voix pour certains rôles sans que cela soit affecté, et en exprimant les sentiments des personnages. En bonne pinailleuse, j'ai regretté qu'à partir du chapitre 13 ou 14, il se mette à dire «Elissa» pour Elisa. Certes, en espagnol, cela se prononce ainsi, mais je ne comprends pas pourquoi il n'a pas voulu le prononcer totalement à la française, comme il le faisait au départ. Quant à Nogueira, parfois, il roule le «r», mais la plupart du temps, sa prononciation m'a convenu.

Je n'aime pas que les chapitres d'un livre commence par de la musique. Dans «Tout cela je te le donnerai», j'ai apprécié que beaucoup débutent par des bruits de la nature. Bien sûr, j'aurais préféré que la piste commence directement par la suite du récit, mais je préfère les bruits de la nature (qui cadraient avec le décor dans lequel se retrouve Manuel) à la musique.

Pour information, la structure du livre n'est pas respectée: certains chapitres sont coupés en plusieurs pistes.

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