Tous nos jours parfaits

L'ouvrage:
Au lycée, Finch est considéré comme bizarre, voire cinglé. Violet, elle, a une petite bande d'amis parmi les élèves populaires. Un jour, un événement les rapproche.

Critique:%%J'avais un peu peur de lire ce roman, craignant qu'il soit niais. Je suis contente d'avoir essayé, car il m'a plu.

Finch est sûrement le personnage le plus déroutant. Il est hypersensible. C'est en partie expliqué par son enfance, mais cela va plus loin. Petit à petit, le lecteur se rend bien compte qu'il y a autre chose. J'ai ressenti beaucoup d'empathie pour lui: il sait qu'il va mal, veut s'en sortir seul, ou bien veut en finir (je ne dévoile rien, puisqu'il dit cela très tôt). Malmené par ses contradictions, négligé par ceux qui devraient l'aider, très lucide quant à certains aspects de sa vie, Finch ne pourra qu'émouvoir le lecteur. On comprend également son farouche refus d'être rangé dans une catégorie, même si parfois, mettre un nom sur des maux aide à les appréhender. Notre narrateur tourne cela en dérision lorsqu'il fait l'essai d'aller à une thérapie de groupe. Chaque participant est catalogué, il a tel ou tel maladie de l'âme, et certains les cumulent.

Violet ne parvient pas à sortir du marasme, et son rapprochement de Finch va tout changer. Le jeune garçon la bouscule, la force à s'exprimer, à «se remettre en selle». C'est alors que notre héroïne verra au-delà des apparences. Au départ, sans forcément juger Finch, elle ne faisait pas attention à lui. Les événements contés dans le roman la feront évoluer, mûrir, réfléchir. J'aime beaucoup qu'elle finisse par dire qu'elle veut parler de tout, même de ce qui fait mal, pour ne pas oublier les bons moments, ne pas gommer les personnes qu'elle ne verra plus.

L'histoire est bien menée. Il n'y a pas de temps morts. Je me rends compte que je ne peux pas trop en parler pour ne pas dévoiler des éléments qu'il faut découvrir par soi-même. En tout cas, Jennifer Niven aborde intelligemment certains thèmes: l'acceptation des différences, mais aussi, la difficulté, lorsqu'on est «brisé» (pour citer Finch), de se faire aider, et d'accepter le soutien sincère (même s'il est maladroit) de ceux qui vous aiment. Sans parler de l'hypocrisie de ceux qui, au lieu de reconnaître leur méchanceté, font comme s'ils avaient toujours apprécié et respecté Finch...
Dans une note finale, la romancière explique pourquoi elle a écrit ce livre. On découvre quels pans de l'histoire font partie de son vécu.

Ce roman m'a rappelé «Le vide de nos coeurs». Ce dernier est plus léger, moins tourbillonnant, moins oppressant. Je vous recommande les deux.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Kirby Heyborne et Ariadne Meyers pour les éditions Listenning Library.

J'aime beaucoup Kirby Heyborne. Ici, il n'a pas démérité. Il a su transcrire les émotions et les sentiments de Finch sans tomber dans le pathos.
J'apprécie également le jeu d'Ariadne Meyers, même si je regrette qu'elle modifie à ce point sa voix pour les rôles masculins. Quant à son interprétation de Violet, je l'ai aimée. Lorsque la jeune fille pleure, Ariadne Meyers joue très bien, et n'en fait pas trop.

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