This magnificent dappled sea

L'ouvrage:
1992, village de l'Italie du Nord. LucaTaviano, neuf ans, doit être hospitalisé à la suite d'un rhume qui semble ne pas passer. Après examens, on découvre qu'il a une leucémie. Le traitement ne fonctionnant pas, et l'oncologue jugeant qu'il n'y a plus rien à faire, une infirmière (Nina Vocelli) devenue amie avec le petit garçon, soumet son cas à un professeur frayant avec des méthodes plus avancées. Il s'avère que Luca a besoin d'une greffe de moelle. On lui trouve même un donneur compatible en peu de temps. Seulement, celui-ci n'a aucun lien avec l'enfant: c'est un rabbin new-yorkais. Cette découverte plonge Nina et la grand-mère de Luca dans un abîme de perplexité.

Critique:
Ce roman m'a plu. Au départ, j'ai craint que l'auteur en fasse trop concernant la seconde guerre mondiale (le résumé précise que les événements de 1992 forcent certains personnages à se remémorer cette époque), mais il n'en est rien. Je suis donc contente d'avoir combattu ma petite appréhension.

Si l'énigme concernant les origines de Luca est intéressante, pour moi, ce n'est pas le côté le plus attirant du roman. J'imagine d'ailleurs que certains lecteurs, à l'instar de Luca, seront un peu frustrés de la manière dont se termine cette quête. Cela n'a pas été mon cas, parce que ce qu'a fait David Biro est crédible. S'il avait pris une autre direction (celle souhaitée par Luca), cela aurait aussi été crédible, mais un peu moins. À mon avis, cette «énigme» met plutôt en garde contre les non-dits, les malentendus et le climat sournois qu'ils peuvent engendrer. À cause de cela, le grand-père de Luca (Giovanni) a passé plus de quarante ans à se tourmenter. Raconter les événements, ne serait-ce qu'à sa femme, aurait sûrement été une meilleure manière d'agir. Bien sûr, il avait ses raisons pour ne pas parler, mais à mes yeux, elles n'étaient pas valables. Certes, pour une personne qui n'est pas impliquée, c'est toujours plus facile de penser qu'il vaut mieux dire toute la vérité. Heureusement pour moi, je n'ai jamais été dans ce genre de positions. J'espère que si cela m'arrivait, je ferais ce que je prône aujourd'hui.

Au début, je n'aimais pas trop Sarah. Je la trouvais trop repliée sur elle-même. Son besoin de retourner dans sa communauté me faisait frémir, car cela me la faisait penser sectaire. Ensuite, je trouvais que sa haine de l'Italie en faisait quelqu'un de borné, sans esprit critique. Qu'une atrocité soit arrivée à la famille de Sarah en Italie ne peut être une raison valable pour elle de détester le pays en question, même si je comprenais que lorsque de forts sentiments sont en jeu, la neutralité de l'esprit critique n'est pas toujours possible. J'approuvais davantage Sarah lorsqu'elle souhaitait que le pacte entre Joseph et elle soit toujours respecté.
Sarah et Giovanni sont des personnages complexes dont il est intéressant de réfléchir aux motivations.

J'ai apprécié Nina. Heureusement, l'auteur a pris soin de ne pas la rendre parfaite. Par exemple, elle aurait dû parler plus tôt à Luca concernant Giovanni, cela aurait évité que le garçonnet soit tourmenté pendant un certain temps après les révélations de Samuel. Mais cela, Nina l'ignorait. Elle a fait de son mieux pour que Luca souffre le moins possible.
J'ai quelque peu désapprouvé la relation amoureuse de l'infirmière. Je me disais que le personnage n'était pas fiable. À vous de voir si j'ai raison. ;-)

Un livre qui fait réfléchir quant à la portée de nos actes.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Cassandra Campbell pour les éditions Brilliance audio.

Cassandra Campbell fait partie de mes comédiens favoris. Si j'ai autant apprécié son jeu que d'habitude, j'ai détesté qu'elle prenne un semi accent italien pour les personnages italiens. Ce n'est pas seulement parce que lorsque je lis dans une langue, j'ai horreur qu'on prenne des accents d'autres langues. Après tout, si le personnage a un accent, je comprends que le comédien le fasse, même si cela me déplaît. Ici, cet accent est un contresens. En effet, nous sommes dans le même schéma que dans «Under darkening skies», de Ray Kingfisher (sauf que dans ce roman, c'était le norvégien): les personnages sont italiens, et ils parlent italien entre eux. Le livre est écrit en anglais, donc conventionnellement, les paroles des personnages italiens sont écrites en anglais. Il ne faut donc pas faire d'accent puisqu'ils parlent leur langue. S'ils parlaient anglais, et si l'auteur précisait qu'ils ont un accent italien en parlant anglais, il faudrait peut-être le faire. Par exemple, dans le roman, c'est le cas quand Nina s'adresse à Joseph, et encore, il n'est dit nulle part qu'elle parle anglais avec un accent italien. Ce n'est pas la première fois que je trouve ce contresens dans un roman anglophone, et c'est extrêmement casse-pieds!!!

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