Thérapie

L'ouvrage:
Joséphine Larenz (Josy) a douze ans. Depuis plusieurs mois, elle souffre de maux inexpliqués. C'est alors qu'elle disparaît.
Quatre ans plus tard, son père, VViktor, ancien psychiatre de renom, est sûr de savoir enfin ce qui lui est arrivé.

Critique:
Le point fort de ce roman, c'est que le lecteur n'a aucune seconde de répit. L'auteur nous plonge tout de suite dans une atmosphère mystérieuse et étouffante qui s'épaissit au fur et à mesure de la lecture. L'ambiance est assez importante: cette petite île perdue, battue par le vent, coupée de tout, est propice aux événements étranges. C'est d'ailleurs pour cela que le lecteur acceptera facilement certaines incongruités qui, pourtant, sont très grosses. Par exemple, je n'ai pas bronché quand il est dit à plusieurs reprises que malgré la pluie, les vêtement et les chaussures d'Anna Spiegel sont immaculés lorsqu'elle arrive chez VViktor. Je me suis demandé comment l'auteur allait résoudre ce genre d'énigmes, mais je ne m'inquiétais pas, Sebastian Fitzek les pointant du doigt plusieurs fois, il voulait que le lecteur se les rappelle bien, et n'oublie pas de chercher leur résolution dans la solution.
En outre, les rebondissements s'enchaînent très rapidement.

Bien sûr, certains aspects de la structure sont quelque peu déloyaux. Par exemple, le prologue est un moment haletant qu'il sera difficile de replacer dans le temps. C'est intéressant, car cela complique un peu la tâche du lecteur, mais je trouve cette ficelle un peu facile.
J'ai bien conscience que ce reproche est du pinaillage. ;-)
D'autre part, il y a quand même des chapitres où il ne se passe rien, comme le chapitre 16, par exemple. Ces chapitres pourraient être inutiles, cependant, ils sont une petite pause pour le lecteur, et ils trouvent leur intérêt à la fin, car ils expliquent de petits détails.

Je ne sais pas à quel point le romancier s'est documenté quant aux maladies mentales qu'il décrit, mais ce qu'il en dit est très intéressant. Je connaissais l'une d'elles, et je ne pensais pas que l'autre pouvait exister de manière si poussée.

J'ai un autre petit reproche: il concerne la personne coupable de ce qui arriva à Josy. Certes, cette solution explique très bien et de manière plausible toutes les incongruités qu'on pourrait trouver. Cependant, c'est une solution que je voyais venir depuis un moment tout en la redoutant. L'écrivain n'a donc pas su totalement me surprendre. De plus, je trouve cette ficelle trop facile. C'est une échappatoire que je juge déloyale. Enfin, elle fait partie de ces ficelles qu'on ne peut pas utiliser dans trop de livres, car elle s'use vite. Si elle est renversante, après qu'on l'a rencontrée une ou deux fois, elle perd son attrait.
Cette déception a été un peu rattrapée par la façon dont Sebastian Fitzek l'a «accompagnée». En effet, la manière dont VViktor parvient à savoir ce qui est arrivé est assez impressionnante. Généralement, les auteurs employant cette ficelle ne la poussent pas aussi loin que l'a fait Sebastian Fitzek, et cela la renouvelle, lui donne plus de substance.
Ma déception a également été atténuée par la découverte finale, et surtout le fait que VViktor a pu le savoir.

Les personnages ne sont pas très consistants, excepté VViktor. Ce n'est pas gênant, car l'intrigue est ce sur quoi l'auteur focalise l'attention du lecteur. Par ailleurs, seul VViktor est réellement digne d'intérêt. Les autres ne font que graviter autour de lui. On ne sera donc pas trop déçu de leur banalité.

Éditeur: l'Archipel.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Suzanne Vanderperren pour la Ligue Braille.
La lectrice lit toujours aussi bien. Parfois, sa voix s'enroue, et déraille un peu.
Un morceau de chapitre et les derniers chapitres sont enregistrés par une autre lectrice. Je trouve cela dommage. Je me doute que c'est dû à des raisons techniques, mais il est regrettable qu'on n'ait pas fait relire les parties problématiques à Suzanne Vanderperren.

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