The survivor's guide to family happiness

L'ouvrage:
À la mort de sa mère adoptive, Nina Popkin, trente-cinq ans, voit son monde s'écrouler. Ayant besoin d'un but, et étant curieuse concernant sa naissance, elle décide de rechercher ses parents biologiques.

Critique:
L'auteur a fait un pari risqué. Elle aborde différents thèmes graves, et fait souvent cela avec humour. Pour moi, elle est parvenue à doser, et elle ne tombe jamais à côté, alors qu'elle aurait très facilement pu.
Exemples d'éléments qui pourraient paraître exagérés:
Lorsqu'elle était enfant, Nina vivait dans un quartier regroupant beaucoup d'enfants adoptés. Au lieu de paraître invraisemblable, cela donne lieu à une anecdote plutôt cocasse, tout en expliquant de manière très naturelle un autre élément important du roman...
Nina a très peur des nones.

Bien sûr, certains moments sont graves, exempts d'humour. Là encore, l'auteur n'en fait pas trop. Sous le rire, elle montre des personnages tourmentés. Nina, bien qu'aimée et choyée dans son enfance, cherche désespérément à se sentir à sa place. Elle en fait souvent trop, afin de tisser autour d'elle un cocon de gens qui seraient de sa famille, de son clan. J'ai bien aimé ce que lui disent Carter et Phoebe vers la fin du chapitre 31. C'est plein de bon sens.
Phoebe et AJ sont également torturés. Ils vivotent, font ce qu'ils peuvent... Pour eux, la romancière n'utilise pas souvent le rire. Elle fait bien.

Dans un tout autre registre, Indigo (quinze ans) se cherche. À travers elle, Maddie Dawson entremêle rire et gravité. La jeune fille n'hésite pas à redoubler d'extravagances qui pourraient être dangereuses, afin de trouver sa place. Qu'elle soit d'une mauvaise foi inégalable, qu'elle se dispute avec son frère (qui est la voix de la raison), qu'elle devienne activiste pour la cause animale, qu'elle se transforme en détective, Indigo est extrêmement attachante. Sa présence est toujours synonyme de drôlerie, et souvent, de gros ennuis. Mon exemple préféré est sûrement ce qui arrive lorsqu'elle décide de faire l'amour sans amour. Je n'avais pas pensé que cela pourrait se terminer ainsi, et pourtant, c'est cohérent.
Au sujet de l'adolescente, j'ai aimé la manière dont Nina interprète ses actes, et ce qu'elle conseille à Carter de faire.

Lindie est un peu agaçante, au début, parce qu'elle a l'air coincé. Quant à ce qu'elle pensait de l'abandon de ses parents biologiques, cela ne m'a pas choquée. Elle jugeait avec les éléments qu'elle avait, et même si une personne extérieure se doute que c'est loin d'être si simple, la théorie de Lindie pouvait se tenir.

S'agissant de l'histoire d'amour, au début, j'ai pensé qu'elle était trop rapide, et je me préparais à râler, quand l'auteur a compliqué les choses. D'autres éléments tournent différemment de ce qu'auraient voulu les clichés, et c'est très bien. Par exemple, la rencontre entre Jane et Nina, ou les soupçons de Lindie quant à une éventuelle infidélité de son mari.

J'ai bien aimé ce que raconte l'épilogue. C'est à l'image du livre dans son ensemble.

Je verrais bien ce roman adapté au cinéma, car je pense que certaines scènes (notamment celle des grenouilles) pourraient être très amusantes.

En gros, j'avais peur que ce roman tombe dans le niais à tout moment, et cela n'a pas été le cas. Il me rappelle un peu «Le parfum du bonheur est plus fort sous la pluie». Il raconte la vie de personnages avec leurs joies, leurs peines, les caractères qui s'accordent ou pas, les répliques savoureuses... et les grosses douleurs dont on ne se relève que difficilement.

Il existe un autre livre de Maddie Dawson, mais je vais sûrement passer mon tour parce que deux lectrices l'ont enregistré, et le jeu de l'une d'elles m'agace...

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Amy McFadden pour les éditions Brilliance audio.

Amy McFadden est une excellente comédienne. Je suis toujours surprise de la facilité apparente avec laquelle elle module sa voix sans que rien ne soit exagéré. Elle interprète magistralement ce roman, n'en faisant jamais trop, qu'il s'agisse du rire, de la gravité, ou des rôles masculins.