The summer we forgot

L'ouvrage:
Été 2022. Le corps de Richard Horrowitz est découvert. Voilà deux ans qu'il a disparu, après un été à faire du camping avec certains de ses élèves. L'affaire est donc rouverte, et les adolescents (qui avaient quinze ans à l'époque) sont à nouveau interrogés. C'est là qu'ils s'aperçoivent que quelque chose ne va pas. En effet, tous les sept ne se souviennent de rien concernant l'été 2020. Ils ne mentent pas, ils ont tout oublié...

Critique:
Un scénario de ce genre ne pouvait que m'attirer. Ensuite, il fallait que l'auteur se montrât à la hauteur. Pour moi, elle y a réussi. Elle parvient à ne pas abattre toutes ses cartes sans trop traîner, car elle fait diversion avec quelque chose lié à l'affaire. Les adolescents cherchent donc leurs souvenirs, mais doivent également affronter une chose à laquelle ils ne pouvaient s'attendre.

On pourrait vilipender Caroline George en lui faisant remarquer qu'il n'est pas possible d'oublier totalement deux mois de sa vie, surtout lorsque des événements marquants sont arrivés. Cependant, la romancière n'a pas fait n'importe quoi, elle a réussi à ne pas créer d'incohérences. Si l'énigme est captivante, les décisions et les actes des adolescents le sont également. Ils se rendent compte qu'oublier n'est pas la meilleure manière de gérer un traumatisme. Ils comprennent aussi que l'important est de ne pas cacher qui on est. C'est surtout Darby qui tient à son jardin secret, persuadée que ses parents n'accepteraient pas celle qu'elle est vraiment. Leur attitude va un peu dans ce sens, mais à y bien réfléchir, ils sont stricts parce qu'ils ont été déçus par Christian, le frère de Darby. Certes, cela vient du fait qu'ils avaient voulu le transformer en enfant modèle... Outre qu'il n'est pas bon de cacher sa personnalité, Darby réalise que ce qu'elle cache n'est pas si grave. Cela ne fait pas d'elle quelqu'un de mauvais. C'est cette évolution qui lui permettra d'accepter de se souvenir des événements de l'été 2020. Dans une note en fin d'ouvrage, Caroline George explique qu'adolescente, elle était un peu comme Darby: elle voulait ne montrer d'elle que ce qu'on pensait être ses bons côtés. Ayant compris que ce n'était pas bon pour soi-même, elle a souhaité montrer comme cela peut être destructeur en écrivant «The summer we forgot». Certes, elle va loin, mais pas tant que cela...

L'énigme est bien menée. Bien sûr, on soupçonne rapidement tous les adultes d'avoir trempé dans les mauvaises actions que découvrent peu à peu les adolescents. L'autrice se débrouille bien de cela. En effet, elle ne fait pas porter les soupçons sur les uns puis sur les autres: elle joue plus finement. Il n'y a pas un seul coupable, et il n'y a pas une seule mauvaise action... Certains rebondissements épaississent le mystère, et d'autres en élucident des morceaux, jusqu'à ce que nous sachions tout. Pour moi, cela ne traîne pas.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Andi Arndt et Andrew Eiden pour les éditions Thomas Nelson.

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