The smart one

­­L'ouvrage:
Claire Coffey, vingt-neuf ans, habite New York. Après une déconvenue sentimentale, elle ne parvient pas à remonter la pente. À tel point qu'elle finit par ne plus avoir d'argent, ayant tout dépensé sans se renflouer. Son amie lui conseille d'aller vivre chez ses parents et de trouver un travail d'intérimaire le temps de se ressourcer et d'économiser un peu. Claire n'est pas enchantée, mais se résout à suivre ce conseil.
Elle retrouve sa soeur aînée (d'un an moins trois jours), Martha, qui n'est jamais partie de la maison parentale, fait une thérapie, et n'est pas sociable. Quant à leur frère cadet, Max, il a justement une nouvelle petite amie, Cléo...

Critique:
Ce livre m'a beaucoup plu. Au premier abord, on pourrait croire qu'il ne se passe pas grand-chose. Jennifer Close raconte une année de la vie de ses personnages. Et pourtant, il s'en passe, des choses, pendant cette année...

C'est Claire que j'ai préférée. Malgré ses côtés acariâtres (compréhensibles quand on voit sa mère et sa soeur), c'est sûrement la plus lucide de la famille. Elle n'hésite pas à mettre sa mère en face de ses fautes parentales (erreurs flagrantes), mais aussi à rembarrer Martha en lui montrant avec une certaine dureté due à l'exaspération, qu'elle a tort sur bien des points, et devrait d'abord se remettre en question.

Je n'ai pas trop compris leur mère (Weezy). Il est évident qu'elle favorise Martha. Elle a peur d'on ne sait trop quoi, et son attitude est néfaste, comme le souligne Claire. Martha se complaît dans un égoïsme teinté d'auto-admiration parce que sa mère l'encourage à agir ainsi.

Je ne sais pas qui de Weezy (qui croit tout savoir et tout bien faire) ou de Martha (qui croit la même chose, mais est grandement aidée en cela par sa mère) est la plus insupportable. J'ai un peu d'espoir d'évolution du côté de Martha à cause de ce qu'elle finit par faire, mais rien n'est sûr... Quant à Weezy... sous couvert d'amour, elle veut régenter la vie de tout le monde. J'ai bien senti qu'elle n'était pas satisfaite, et tentait de s'améliorer, même si elle se fourvoyait. Ce qu'elle fait part d'un bon sentiment... L'un de ses actes éveillera à la fois compassion et exaspération. Je veux parler de ce qu'elle fait quant au mariage de Claire.

Cléo m'a plu, mais m'a agacée aussi. Apparemment, elle est à fleur de peau, et ce qui lui arrive n'arrange rien. Je l'ai souvent trouvée dure envers Max. Peut-être manque-t-il de maturité sur certains points, mais elle aussi... Ce qui leur arrive est d'ailleurs un sujet (parmi tant d'autres) de discorde entre Clairet Martha. Moi qui ai souvent désapprouvé Martha au long du livre, j'ai trouvé les points de vue intéressants. J'étais d'accord avec les deux.

Ne pensez pas que tous ces personnages se déchirent dans une atmosphère oppressante. Tout ce que j'ai écrit ci-dessus arrive, mais c'est exprimé avec fluidité, souvent avec humour. Parfois, alors que Claire crie après Martha, l'auteur glisse une remarque caustique (tirée des pensées de Claire). Souvent, malgré mon agacement envers Weezy, j'ai ri à certaines de ses répliques comme par exemple, lorsqu'elle fait remarquer à Will que ce ne sont pas les elfes laveurs d'éviers qui nettoient les couverts qu'il a salis... L'auteur combine très bien des situations graves avec une drôlerie omniprésente. Cela fait que ce livre n'est pas pesant, et qu'on suit avec intérêt cette famille à la fois ordinaire et particulière.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Rebecca Lowman pour les éditions Random house audio.
J'aime beaucoup Rebecca Lowman, dont le jeu est toujours naturel, le ton toujours approprié et jamais exagéré. Elle parvient même à modifier sa voix de manière acceptable pour les rôles masculins. J'ai beaucoup aimé son interprétation de ce roman.