The party

L'ouvrage:
Hannah Sanders fête ses seize ans avec quatre amies. La soirée tourne mal. Les cinq familles en subiront les conséquences.

Critique:
Voilà un roman à fleur de peau. Aucun personnage ne pourra laisser indifférent. Qu'on les approuve ou pas, on ne peut pas les ignorer. Certains éveilleront même des sentiments forts, souvent contradictoires. Par exemple, n'importe qui comprendra la douleur de Lisa, mais on ne pourra s'empêcher de partager l'opinion d'autres (dont Ronnie, la fille de Lisa): elle agit davantage pour elle que pour son enfant. Elle envie l'aisance de Kim et Jeff, estimant qu'ils ne la méritent pas. Elle semble aveuglée par cette haine qu'elle leur voue. J'aurais aimé que Robyn Harding montre ce que devient cette femme acrimonieuse. À la fin du roman, on sait où elle est, mais on ignore ce qu'elle ressent. À mon avis, quel qu'aurait été le dénouement, Lisa n'aurait été ni soulagée ni apaisée.

Je n'ai pas réussi à apprécier Kim. Elle évolue, certes, mais j'ai l'impression qu'à l'inverse de Jeff (son mari) elle n'ouvre pas vraiment les yeux. Elle est toujours dans l'excès, ne tient pas compte des besoins des autres, n'apprend pas à avoir un esprit ouvert... Elle fait quelques efforts, mais ils sont infimes et sporadiques. Pour moi, elle non plus ne sera pas apaisée, à la fin, alors que Jeff pourra l'être, une fois la tourmente passée.

Hannah est peut-être le personnage le plus intéressant. Plus ouverte, plus lucide que la plupart des adultes, elle ne se voile jamais la face. Lorsqu'elle agit mal, elle ne se cherche pas d'excuses, ne tente pas de minimiser son ambivalence, puis tire des leçons de ce qui arrive...

Les autres personnages sont intéressants, mais bien sûr, je ne les évoquerai pas tous. Il y en a un qui, au long des événements contés dans le roman, semble presque toujours être mis de côté. C'est Aydan, le frère d'Hannah. Je pensais souvent que le pauvre devait se sentir étranger chez lui: on lui cache un maximum de choses, on l'envoie chez son ami... À un moment, il se plaint d'ailleurs qu'on ne lui dit rien.

Pour moi, il n'y a aucune lenteur. Du début à la fin, l'ambiance est oppressante, tendue, et par moments, sordide. Beaucoup ont une opinion tranchée, ne veulent pas examiner tous les points de vue... C'est ainsi dans la vie.

L'auteur aborde avec justesse le thème du harcèlement moral au lycée. Dans ce microcosme, si on ne joue pas selon les règles, ou si on en est victime, on le paie très cher. Comme dans «Comme des images», «L'endroit le plus dangereux du monde», et d'autres, est mis en avant le côté pernicieux des réseaux sociaux.

Je pense qu'il y aurait matière à une suite. Elle n'est pas nécessaire, mais elle m'intéresserait.

Ce livre m'a beaucoup plu. Robyn Harding analyse avec finesse événements, personnages, contexte, etc. Je trouve regrettable d'avoir si peu à dire, et j'ai l'impression que ma chronique ne rend pas justice à la romancière et à son livre. Il y aurait énormément d'éléments dont on pourrait débattre. Malheureusement, comme souvent, en dire plus dévoilerait trop de choses.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Cassandra Campbell pour les éditions Simon and Schuster Audio
Comme d'habitude, l'interprétation de Cassandra Campbell m'a plu. Elle n'avait pas la partie facile: la plupart du temps, les personnages expriment de forts sentiments. La lectrice n'a jamais exagéré. Lorsqu'elle a modifié sa voix, c'était à bon escient. Le timbre qu'elle prenait concernant Lauren, Kim et Lisa, renforçait l'image que je m'en faisais.