The good house

L'ouvrage:
Hildy Good, agent immobilier, vit seule (ses filles sont adultes et son mari l'a quittée) dans le petit village où elle a grandi. Elle revient d'une cure de désintoxication, ses filles l'ayant plus ou moins forcée à se débarrasser de son addiction à l'alcool. Souffrant quelque peu de la solitude, elle se rapproche de Rebecca McCalister, arrivée au village il y a peu avec son mari et ses enfants.

Critique:
Comme «The children», ce roman paraît lent, mais tous les éléments qu'Hildy nous donne sur le ton de la conversation sont intéressants, et il faudra s'en souvenir par la suite. Je ne me suis pas du tout ennuyée. Ann Leary décrit un personnage à la fois attendrissant et agaçant. Hildy est avisée, a du coeur, s'arrange comme elle peut des aléas de la vie. Cependant, elle peut se montrer injuste et méchante avec ceux qui veulent l'aider. Je l'ai comprise tout en la blâmant. C'est ce qui, pour moi, fait l'une des forces du roman: cette femme éveille la compassion, mais on a envie de la secouer.

Parmi les habitants du village, on trouve les Dwight. Ils ont un enfant attardé mental. Hildy raconte une scène dans laquelle Rebecca fait une gaffe parce qu'elle ignore cela. Pour moi (et apparemment pour ceux qui y assistent) Cassie Dwight s'y montre parfaitement odieuse. Il est normal qu'on ait des égards pour elle, et surtout pour son fils, mais sa situation ne lui donne pas le droit de se comporter comme une peste. Dans la suite du roman, Cassie n'est pas beaucoup plus appréciable. Certes, elle a des imprévus, mais le caprice qu'elle fait quant à sa maison m'a un peu agacée.

Dans le chapitre 2, Hildy fait une démonstration de son «pouvoir»: lire dans les pensées. Elle explique bien qu'il n'y a rien de magique là-dedans, mais qu'elle est attentive aux expressions du visage, à la posture de la personne. En outre, dans un petit village, beaucoup de choses se savent. À un moment, elle explique que la plupart des voyants sont observateurs, ce qui fait qu'ils arrivent à «deviner» pas mal de choses. J'ai bien aimé que l'auteur dise cela, car je pense que c'est vrai pour beaucoup de voyants. D'autre part, le «don» d'Hildy, utilisé tout au long du roman dans diverses circonstances (drôles au début, puis plus graves ensuite), finit par lui souffler de mauvaises réponses concernant une chose importante. Ce n'est que par la suite qu'elle interprétera correctement ce qu'elle a observé.

La période que raconte l'héroïne est traversée de moments drôles et attendrissants, comme la soirée de Thanksgiving ou la scène où Emily arrive inopinément chez sa mère. Cela montre une famille dont les membres s'aiment profondément, malgré leurs difficultés à communiquer. On retrouve cela dans les relations entre Hildy et Franck ou Hildy et Rebecca. Notre héroïne n'ose pas toujours dire ce qu'elle pense, et lorsqu'elle le fait (de rage ou de peur), ce n'est pas forcément comme il le faudrait.

Je ne sais pas trop quoi penser de Rebecca. J'aurais tendance à la voir comme la voit Franck, même si dans la scène entre elle et Cassie (et même en d'autres occasions) elle était sympathique et semblait être quelqu'un de bien. Elle aussi a plusieurs facettes... C'est cette complexité qui fait que les romans d'Ann Leary sont riches et aboutis.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Caitlin Thorburn pour les éditions [Oakhill Publishing.| http://www.oakhillpublishing.com/]