The girls from Corona del Mar

L'ouvrage:
Mia (la narratrice) et Laurie-Anne se connaissent depuis leur enfance. Nous les suivons de leur adolescence jusqu'à ce qu'elles aient la trentaine.

Critique:
J'ai beaucoup aimé ce roman. Plus on avance, plus le mystère s'épaissit quant à cette amitié. J'étais davantage tranchée que Mia sur quelques points, et plus coulante qu'elle sur d'autres. Elle se décrit comme l'égoïste, l'ingrate. Cela la fait culpabiliser, mais elle ne parvient pas à aller contre sa nature. Seulement, lorsqu'elle expliquait ses motivations dans telle ou telle situation, je la comprenais, et je me disais qu'à sa place, j'aurais sûrement agi de la même manière. Par exemple, ses raisons pour ne pas aller à l'enterrement de Jim m'ont paru tout à fait recevables. D'un autre côté, Laurie-Anne, décrite par son amie comme la gentillesse incarnée, m'a parfois déconcertée. Ce qu'elle dit à Mia lorsque celle-ci, bouleversée, lui apprend ce qui est arrivé à sa chienne, n'est pas vraiment la réponse qu'on attend d'une amie. J'ai également tiqué que Laurie-Anne et son mari renvoient cavalièrement Mia chez elle après la naissance de Zack, alors que celle-ci proposait spontanément son aide et semblait être la seule qui se préoccupait vraiment de Laurie-Anne.
D'un autre côté, Laurie-Anne forçant Mia à dire la vérité à Franklin m'a paru être une véritable preuve d'amitié, même si au moment où cela arrive, la narratrice est furieuse parce qu'elle voit déjà sa vie (dont certains pans sont bâtis sur des mensonges) s'écrouler.

J'ai d'abord compris l'attitude de Laurie-Anne quant à Zack. Mia la juge sévèrement et est choquée des propos qu'elle ose tenir. Certes, elle va loin, notamment en disant qu'une mère devrait pouvoir décider de tuer son enfant. Cette idée est révoltante, mais lorsqu'on pense à Zack, on s'interroge. Bien sûr, ce que propose Laurie-Anne n'est pas recevable en ce sens où elle voudrait le généraliser.
Mia passe son temps à nous montrer son amie comme quelqu'un qui fut injustement malmené par la vie. Il y a incontestablement une part de vrai là-dedans, mais Laurie-Anne a aussi pris de mauvaises décisions.

J'ai apprécié que Rufi Thorpe nous montre une facette de chaque héroïne, puis une autre, puis une autre... pour qu'on se rende compte que rien n'est jamais simple. On ne peut pas résumer Laurie-Anne à une gentille fille cabossée par la vie, ni Mia à une fille égoïste, lâche et compliquée. Il y a de cela, mais pas seulement. Des éléments finaux pousseront le lecteur et Mia dans une certaine direction. J'en ai été moins étonnée que la narratrice. Étant moins impliquée qu'elle, j'avais collecté quelques indices qui me permettaient, non pas de deviner la teneur de ces éléments, mais d'imaginer que Laurie-Anne pourrait agir ainsi. Une question reste sans réponse, mais cela n'est pas très gênant. Si on décide que la réponse est oui, il faut ensuite savoir si ce paramètre est une circonstance atténuante pour l'une des héroïnes...

Ce roman est loin de n'évoquer que ces deux personnages complexes. Les autres sont également intéressants. Par exemple, je ne sais pas trop quoi penser de Dana, la mère de Laurie-Anne. Certaines de ses réactions sont très saines, mais d'autres me laissent perplexe... notamment concernant le mystère sans réponse...

Un livre qui soulève de graves questions, et qui montre habilement différents points de vue.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Rebecca Lowman pour les éditions Random house audio.

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