The gilded hour

L'ouvrage:
1883.
Ce jour-là, alors qu'elle est en consultation dans un couvent, le docteur Anna Savard aperçoit quatre enfants. Leur mère est morte. Leur père, ne pouvant plus s'en occuper, les a laissés au couvent. Ils devraient être dispersés dans différents orphelinats. À ce moment, Anna ne sait pas que sa route croisera à nouveau celle des enfants.

Critique:
Ce roman m'a plu. Certaines choses sont peut-être un peu légères, mais cela ne m'a pas gênée. Sara Donati sait planter un décor, créer une ambiance, et les faits un peu discutables qu'on pourrait trouver dans son roman passent très bien. Par exemple, l'histoire d'amour est peut-être un peu rapide, mais elle est prétexte à nous montrer deux personnages ouverts, cherchant toujours à comprendre avant de juger. Entre les discussions sérieuses qu'ils ont et les scènes amusantes où ils se taquinent, le lecteur est content de partager un petit morceau de leur vie, et le fait qu'ils se soient plu presque au premier regard devient secondaire. Avec eux, certaines choses sont rendues possibles: je parle surtout des orphelins rencontrés au premier chapitre, mais pas seulement. Il faudrait davantage de familles comme les leurs, mais aussi davantage de personnes capables de savoir saisir leur chance. Bien sûr, tout le monde n'aura pas les moyens (la place et les finances) pour faire ce que font ces familles.

On pourrait aussi reprocher que les «méchants» soient très méchants, bornés, pas très futés... C'est un peu la caricature du méchant. Cependant, dans la vie, certains sont ainsi. En outre, un méchant moins stupide n'aurait pas occasionné la scène très drôle où un personnage, plutôt timoré, ose faire une chose amplement méritée. De plus, à travers ces «méchants», Sara Donati expose la condition de certaines femmes à une époque où l'avortement était puni par la loi, où on ne voulait pas comprendre qu'une femme ayant quatre enfants (dont les âges étaient très proches) ne s'en sortait plus, et voulait un peu de répit pour pouvoir élever correctement ses enfants.

L'auteur évoque également comment certaines expériences ou blessures nous font prendre des chemins qui apportent à la fois de bonnes et de mauvaises choses. Tout le monde réagit ainsi, dans la vie, mais ce qui m'a plu ici, c'est que Sara Donati en montre différents exemples. Que ce soit Anna, Rosa ou un autre dont je tairai le nom, personne ne réagit de la même manière à des expériences traumatisantes, et j'ai compris les réactions de chacun.

On pourrait aussi dire que tout se termine un peu trop bien. Pourtant, ce n'est pas le cas. Tout n'est pas réglé, et il y a au moins une chose qui finira mal, même si on ne la voit pas arriver, et même si elle semble avoir un peu reculé. D'autre part, lorsque c'est crédible, cela fait du bien que beaucoup d'éléments finaux soient heureux. Cela peut aussi arriver dans la vie.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Cassandra Campbell pour les éditions Blackstone audio.

Cassandra Campbell fait partie des lecteurs que j'affectionne. Ici, elle a réussi quelque chose d'inattendu pour moi. Le nom de famille de Jack est Mezzanote. Elle le prononce à l'italienne. Je m'attendais à en être agacée, comme c'est le cas lorsque dans un texte d'une langue, le lecteur prononce un mot d'une autre langue avec l'accent de ladite langue, cela m'agace. Cassandra Campbell n'en fait pas trop, et sa prononciation reste sympathique. Bien sûr, parfois, elle prononce d'autres noms à l'italienne, et cela m'a un peu gênée, mais pas trop. Elle doit avoir l'art de doser, tout comme l'a fait Isabelle Miller en interprétant les romans de Luca di Fulvio.

Sara Donati a écrit une série en six tomes que je ne lirai pas, car je n'apprécie pas trop la lectrice. J'ai donc lu les résumés des six tomes. Ils racontent l'histoire des ancêtres d'Anna et Sophie. De ce fait, je me demande pourquoi «The gilded hour» n'est pas le septième tome de la série. Le côté positif, pour moi, c'est que s'il avait officiellement fait partie de la série, il aurait été lu par la lectrice qui a lu la série, et non par Cassandra Campbell.