The care and feeding of rubber chicken

L'ouvrage:
Été.
Trevor Livingston a dix-sept ans. Ce jour-là, il apprend que Janna (pour qui il soupire sans espoir depuis cinq ans) n'est plus en couple. Il doit tenter sa chance. Mais sa mère contrarie ses plans en lui annonçant que dans quelques semaines, il ira en internat à cause des mauvaises notes qu'il a eues au long de l'année scolaire. L'adolescent est désespéré: il ne peut partir alors que la fille de ses rêves est peut-être à sa portée!

Critique:
Ce livre m'a beaucoup plu, mais il était risqué. L'humour domine. Certains trouveront peut-être que l'auteur est très lourd. C'est voulu, et pour moi, c'est très bien fait.

Scott William Carter prend plaisir à parodier des codes. Par exemple, dès le début, il annonce un élément qui ne se produit qu'à l'avant-dernier chapitre, dévoilant donc quelque chose. Pourtant, cela ne gâche rien, puisqu'on ignore qui sera la cible. On sait juste qu'on doit s'y préparer, et on peut se poser des questions quant à celui qui sera touché. Le roman étant majoritairement amusant, j'ai pu assez vite parier sur quelqu'un...
Au dernier chapitre, le moment d'annoncer quelque chose est retardé à dessein. C'est encore un clin d'oeil aux romans où ce genre de ficelles est trop employé.

L'auteur n'hésite pas à verser dans la caricature. Par exemple, Victor, le jardinier, est russe. On apprend rapidement que c'est un ancien espion, qu'il est spécialiste de la torture... Puis, il est tourné en dérision plusieurs fois au long du récit. On n'a pas très peur de lui... On ressent de la compassion pour sa victime lors de la scène de torture, mais... on rit aussi justement à cause de ce qui est torturé.

Dès le début, Trevor s'adresse au lecteur. Il le fait très souvent pendant le livre. Il s'amuse, par exemple, à dire que ceux qui ont acheté l'ouvrage uniquement pour la scène de sexe ne seront pas déçus, il jure qu'elle y est. Cependant, il traite ces lecteurs de pervers. À un moment, il parle d'un film adapté d'un roman, et dit en substance: «Non non, je ne suis pas du genre à ne pas lire le livre! Je lis toujours le livre et ne regarde pas forcément le film! Qu'est-ce que vous croyez!»

Le meilleur ami du narrateur (Rick) est également cocasse. J'aurais d'ailleurs aimé en savoir un peu plus sur lui, à la fin. Trevor n'est pas toujours très sympathique avec lui. Rick est un peu étrange, complètement dans son univers de geek et de «Star Trek», mais c'est un ami fidèle.

L'humour est omniprésent. Outre la parodie de la caricature, beaucoup de répliques, de remarques, de situations sont drôles, même lorsqu'elles semblent désespérées. Par exemple, quand Trevor est poursuivi par Kurt, il est d'autant plus en mauvaise posture qu'un autre danger se matérialise. On rit malgré tout à cause de la tenue du héros et des dialogues entre lui, Kurt et Janna.

Le titre du roman donne bien le ton: «Soigner et nourrir les poulets en caoutchouc». Cela résume bien: absurde, loufoque, étrange, délirant... Sinon, le titre fait référence au père de Trevor, fier propriétaire d'une usine de poulets en caoutchouc.

Un roman inclassable avec lequel j'ai passé un très bon moment, souriant beaucoup, et ayant quelques éclats de rire.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Eric-Michael Summerer.

Pour moi, le comédien est parfaitement entré dans l'ambiance du roman. Il n'était pas facile de jouer des personnages si marqués. Il devait exagérer, mais pas trop. Il a réussi à le faire sans tomber dans l'excès. Je ne sais pas quel personnage (de Rick ou de Victor) était le plus dur à jouer...

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