The best kind of people

L'ouvrage:
Avalon Hills, petit village des États-Unis. George Woodbury, enseignant respecté et admiré, est accusé de tentatives de viol sur mineures.

Critique:
Ce livre m'a beaucoup plu. Zoe Whittall n'hésite pas à soulever des questions très dérangeantes. La situation est tout de suite floue parce que George, en plus d'avoir accompli un acte héroïque dix ans plus tôt, n'a jamais eu de gestes déplacés envers ses enfants (Andrew et Sadie), et n'a jamais eu une attitude étrange vis-à-vis de sa femme (Joan). De plus, les accusations font état de paroles, mais il n'y a pas eu viol. Confronté à une situation de ce genre, que penser? Comment trancher? C'est effrayant, car cela pourrait arriver (c'est même déjà arrivé) dans la vie de n'importe qui. Zoe Whittall montre un éventail de réactions dont certaines sont compréhensibles. Sadie est probablement la plus lucide de la famille, car elle envisage la possibilité que les accusations soient vraies. Cela la plonge dans un abîme de douleur, elle doit tout remettre en question, mais au moins, elle tente d'affronter les événements et d'être rationnelle. Bien sûr, cela ne va pas sans heurts. L'adolescente perd ses repères et s'en crée de nouveaux qui ne sont pas très sains, mais comment la blâmer?

On pourrait dire que la réaction de Clara est également raisonnable. Je l'ai trouvée moins appropriée que celle de Sadie, car Clara ne veut voir qu'un aspect des choses. Sadie, elle, se force à tout envisager.

Joan m'a un peu agacée, même si j'ai compris qu'elle oscillait entre besoin de protéger sa vie bien construite et nécessité de faire face à ce qui arrive.
Quant à Andrew, il semble que ce bouleversement soit un déclencheur qui fait ressortir des éléments mal vécus et mal digérés, accentuant ses zones d'ombre. Je lui ai trouvé moins d'excuses qu'à sa mère, parce qu'on dirait qu'il se croit tout permis...

Dans le village, beaucoup ont des réactions extrêmes, et certains font rejaillir leur condamnation de George sur sa famille. Mais l'auteur ne s'arrête pas là: les accusatrices aussi sont en butte à la vindicte... Tout cela est très bien analysé.

On rencontre aussi le parasite qui se repaît des malheurs qui se passent à deux pas de chez lui, et qui pousse son avantage assez loin. Certains excuseront peut-être en partie sa conduite, car il semble qu'il n'ait pas mesuré tout ce que son attitude impliquait, mais à l'instar d'Elaine, je n'accorde aucune circonstance atténuante au parasite.

Au long du roman, des éléments restent flous. Je pense que c'est voulu. Par exemple, on n'en apprend pas beaucoup plus sur George. Ne vous inquiétez pas, la romancière ne nous laisse pas sans réponses... La toute fin m'a, malheureusement, paru terriblement réaliste.

C'est un livre sur lequel il y aurait énormément à dire. On pourrait organiser des débats autour de presque tout ce qui s'y déroule. Cependant, ne pouvant trop en dire, c'est avec frustration que je m'arrête là. Je vous recommande ce roman très bien pensé, qui représente parfaitement la société confrontée à ce genre de situations. J'espère qu'il sera vite traduit en français!

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Cassandra Campbell pour les éditions Penguin Random House Audio.