The art of breaking things

L'ouvrage:
Sky a dix-sept ans. Depuis qu'elle a douze ans, parfois, elle prend de la drogue. Parfois, elle boit tant d'alcool qu'elle ne se rappelle plus comment s'est terminée la soirée. Ce jour-là, sa mère (Beth) lui annonce, ainsi qu'à Emma (soeur de Sky, onze ans) que Dan revient dans leur vie. Dan est l'ancien petit ami de Beth. Elle l'a quitté quand Sky avait douze ans. L'adolescente ne voit pas ce retour d'un bon oeil.

Critique:
Ce roman m'a plu. J'ai apprécié que Laura Sibson immerge son lecteur dans les pensées de sa narratrice. Grâce à cela, je savais exactement pourquoi Sky agissait ainsi. À côté de cela, Beth et Emma tentaient de comprendre Sky, tout en ignorant totalement qu'elle souffrait. Je me suis aussi mise à leur place, surtout à celle d'Emma, et j'ai compris à quel point la communication était délicate.

Je ne sais pas trop quoi penser de la réaction de Beth lorsque Sky a tenté de lui dire ce qui lui était arrivé, le soir même où c'est arrivé. Je pense que l'explication donnée à demi-mots vers la fin est satisfaisante. Elle ne me plaît qu'à moitié, parce que je sais que ma mère, si je lui avais dit cela, n'aurait pas agi comme Beth. Cependant, je comprends qu'entre le demi-sommeil et l'état d'ébriété, le cerveau de Beth n'ait pas assimilé ce que disait sa fille.

Au long du roman, on assiste à la lutte de la jeune fille pour que son monde ne s'écroule pas, pour garantir la sécurité d'Emma, pour être en paix avec elle-même. J'ai éprouvé beaucoup de compassion pour elle, tout en l'exhortant à dire ce qu'elle avait sur le coeur. J'ai apprécié qu'elle trouve refuge dans l'art, la création... Bien sûr, je pestais lorsqu'elle se détruisait, et qu'elle se rendait compte de ce que lui faisaient drogue et alcool. Dans ces moments, je me demandais ce que je ferais à sa place. La drogue lui permettait de refouler ses affreux souvenirs, alors... Lorsqu'on est brisé, qu'on se sent seul et incompris, comment ne pas plonger dans des éléments destructeurs? En tant que lectrice extérieure, j'avais beau jeu de froncer le nez lorsque Sky racontait ses joins, ses lignes de cocaïne, ses beuveries... En outre, ces excès ne cachaient pas le courage, la rectitude, et la force morale de la jeune fille. Laura Sibson dresse ici un portrait touchant d'une personne qui, malgré ses chutes, se relève. Tout en se dévalorisant, Sky restait déterminée à tout faire pour préserver Emma. Bien sûr, elle l'a fait très maladroitement, mais comment la blâmer?

Dans les remerciements, Laura Sibson explique que ce roman a d'autant plus d'importance pour elle qu'il est basé sur des faits réels. Elle ne dit pas à quel point son histoire ressemble à celle de sa narratrice, mais à travers son héroïne, elle montre le courage nécessaire pour affronter ce genre d'atrocités. L'autrice donne juste un détail qui montre une petite différence entre son histoire et celle de Sky.

Un roman juste, bien écrit, la traversée du désert d'une jeune fille, un appel à ne jamais rester seul avec sa douleur.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Phoebe Strole pour les éditions Listening Library.

J'ai d'abord acheté ce roman parce qu'il est lu par Phoebe Strole dont j'apprécie beaucoup le jeu. Ici, elle n'a pas démérité.

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