The antiques

L'ouvrage:
Après la mort de George Westfall, ses deux aînés (Josef et Charlie) reviennent dans la maison de leur enfance. La famille se retrouve pendant quelques jours. Cela sera l'occasion pour ses membres de se dire certaines vérités, de prendre des risques stupides, et surtout, de rire ensemble.

Critique:
Ce livre est un coup de coeur. Kris d'Agostino parvient à se moquer de ses personnages, à en montrer les pires côtés, tout en les rendant attachants.
Josef est tellement obsédé par le sexe qu'il se rend compte qu'il est malade, et suit une thérapie de son plein gré. En général, les gens comme lui (tant dans la vie que dans les romans) m'agacent très vite. Ici, j'ai plutôt ri. Complètement accro, mais pas méchant, Josef éveille la compassion. Il se raccroche à l'espoir qu'il peut guérir. Il est bien le seul à y croire. Son obsession donne lieu à des situations amusantes, comme les échanges de textos entre Nora et lui. Parfois, il pense qu'il va revenir dans le droit chemin, et cinq secondes plus tard, il pense à n'importe quelle femme nue et à ce qu'il pourrait lui faire.

Armie est la caricature du perdant: son père ne manque aucune occasion de montrer qu'il ne l'aime pas, il ne peut pas subvenir à ses besoins, soupire pour une voisine et n'ose pas le lui dire... Il fera rire et agacera, mais il inspirera aussi la sympathie.

J'ai eu du mal à m'attacher à Charlie. C'est une mère déplorable, et cela fait moins rire que le reste parce qu'elle nuit à son fils. Elle ne cesse de répéter qu'elle l'aime, mais pour elle, cela se résume à dire oui à tout ce qu'il veut. Elle est la caricature du parent qui pense qu'il faut encourager son enfant quoi qu'il fasse. Bien sûr, là encore, il faut rire lorsqu'on voit jusqu'où va Charlie, mais cela ne m'a pas été facile. Comme l'histoire est plutôt une comédie, il n'arrive rien de mal (sauf au début): le petit monstre produit de l'éducation de Charlie ne tue personne, ne fait pas de mal au chien, etc, mais dans la vraie vie, cela ne se passerait pas ainsi.

Ces personnages, ayant des griefs les uns contre les autres, vont se retrouver. Cela donne un résultat explosif. Si les rancoeurs s'expriment, la plupart du temps, les situations sont plutôt cocasses. Par exemple, l'expédition improbable à Albany, ou Josef s'agenouillant devant son frère et le priant d'être son équipier.
Un autre personnage est source de rire. Pourtant, au départ, il était très agaçant. J'ai apprécié que Kris d'Agostino l'ait introduit dans son récit pour créer des situations et des répliques cocasses.

Je suis loin d'avoir dit tout ce qui, pour moi, fait l'intérêt de ce roman. Ses côtés délirants, les directions inattendues qu'il prend alors que tout semble balisé, tout nous indique que rien n'est figé, et que la pire des situations peut parfois se transformer en avantage. Je pense qu'un film adapté de ce roman serait très drôle.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Amy McFadden pour les éditions Tantor Media.
Amy McFadden avait fort à faire: il fallait rendre le cocasse des situations, modifier sa voix sans exagération pour les hommes et certaines femmes... elle a très bien fait tout cela. Par exemple, elle était obligée de faire une voix particulière à Melody, sinon, il aurait manqué quelque chose au personnage. Au long du roman, il aurait été très facile de tomber dans le surjeu. La comédienne l'a brillamment évité, se glissant habilement dans la peau de tous les personnages, et rendant parfaitement l'ambiance du livre.

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