Testament, tome 3: Humain(e)s, trop humain(e)s

L'ouvrage:
Avril 2034.
Pendant une grande partie de la vie d'Agnès, sa mère a fait des pieds et des mains pour que le convent (les sorcières de la ville) prenne la jeune fille sous son aile, dans l'espoir qu'elle apprendrait à maîtriser son don. Les sorcières ont refusé avec mépris. Or, voilà qu'Agnès est convoquée par le convent. Elle se rend à l'injonction, s'aperçoit que deux autres sorcières ont été convoquées, assiste à un discours enjoignant les trois jeunes filles de s'entraider, et se retrouve avec autant de questions qu'à la réception de la convocation...

Critique:
Il m'a d'abord plu de retrouver les personnages des deux tomes précédent, toujours aussi forts pour se jeter tête la première dans des aventures où ils vont laisser des plumes. J'ai ensuite adoré les voir faire face à des péripéties aussi échevelées que dans les tomes précédents. L'une des plus rocambolesques est sûrement celle où Agnès et ses compagnes se mettent à attaquer une créature ressemblant à un ver géant, et que Géraud leur apprend que... c'est un client. ;-)

Il m'a également plu de retrouver certaines «formules gagnantes», c'est-à-dire, qui ne manquent jamais de me faire rire, comme les conversations entre Agnès et Erfauge, la haine de Zalia (et sa manière de l'exprimer) pour Thomas, etc.
J'ai moins aimé qu'Agnès, ayant dû «choisir» un familier à la hâte, se retrouve avec un chat, alors qu'elle n'aime pas les chats. Qu'elle n'aime pas les chats ne me poserait pas de problèmes, si l'autrice lui avait donné un familier faisant partie des animaux appréciés par notre héroïne. Certes, sa relation avec peut-être Pétronia (© Erfauge) est plus complexe, mais cet aspect du roman m'a un peu agacée.
C'est également avec des situations cocasses que la romancière raconte l'attachement de Bidule à son héroïne.

Alors que je pestais qu'il n'y ait pas de tome 4, et que je me prenais à espérer que peut--être, Jeanne-A Debats continuerait la série un jour, sont arrivés les événements que j'ai beaucoup moins appréciés et qui rendent une suite impossible. J'aurais, de très loin, préféré une fin qui aurait appelé une suite, même si l'autrice n'avait jamais écrit ladite. Je n'ai pas du tout aimé cette fin, mais en tout cas, l'écrivain ne fait aucune incohérence. Il est même évident qu'elle prépare certains éléments de cette fin au long de la série, et qu'il est impossible au lecteur de deviner que tel ou tel élément est un indice menant à cette fin. Agnès étant satisfaite, je devrais l'être, mais non. Je pense que certains lecteurs ne seront pas aussi déçus que moi. Certains verront les choses du point de vue d'Agnès.

En parallèle des événements racontés par l'héroïne, nous découvrons le carnet de Navarre. Il y raconte une partie de son adolescence, et d'autres faits qui, peu à peu, finissent par s'imbriquer dans ce qui arrive en 2034. Cela explique, entre autres, comment Géraud et lui se sont rencontrés.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Adeline Chetail pour les éditions Audible Studios.

La comédienne n'a pas démérité. L'éditeur a choisi de ne pas faire interpréter les extraits du carnet de Navarre par un homme, alors que ces passages sont à la première personne du singulier. Je m'en suis étonnée, mais je ne le déplore pas. En effet, Adeline Chetail prend une voix plus grave, plus basses. Bien sûr, le changement de tessiture est dû au fait que Navarre soit un homme, mais le jeu d'Adeline Chetail ne s'en est absolument pas trouvé terni. D'autre part, une autre voix que la sienne, seulement pour le tome 3, aurait peut-être détoné. Moi qui imagine souvent tel ou tel comédien lisant tel ou tel livre, je ne sais pas du tout quelle voix je mettrais sur les extraits du carnet de Navarre. Même lorsque j'imagine l'un d'eux, même parmi mes préférés, je reviens à la voix et à l'interprétation d'Adeline Chetail qui m'a satisfaite.

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