L'ouvrage:
Il a un sac en plastique sur la tête. Il va étouffer. Mais on n'attend pas que cela arrive, on lui tire une balle dans la tête. Plus tard, au moment où le médecin légiste va l'autopsier, il se rend compte que le «cadavre» est vivant.

Critique:
Après avoir beaucoup aimé «Avalanche hôtel», avoir été déçue par «La nuit n'est jamais complète», et avoir trouvé «Celle qui pleurait sous l'eau» insipide (je ne me suis pas donné la peine de le chroniquer, ne l'ayant pas eu en service presse) j'étais réticente à donner une autre chance à Niko Tackian. J'ai fini par parier que «Solitude» serait le deuxième de lui qui me plairait. Heureusement pour moi, j'ai gagné. Par certains côtés, ce roman m'a rappelé «Avalanche hôtel». D'abord, la montagne et le froid sont omniprésents. La montagne est presque un personnage du roman. Dans «Solitude», on rencontre des amoureux de la montagne, qui s'y sentent bien, savent la déchiffrer. Certains, comme Reda, font figure de sages. De plus, le froid étant mon grand ami, j'ai beaucoup aimé cette ambiance.

Ensuite, comme dans «Avalanche hôtel», l'intrigue ne contient pas de temps morts. Il y a du suspense, et tout est crédible.
J'ai su (et d'autres la devineront aussi) une chose importante avant Nina et Charlie (les policiers) mais Nina la flaire, et son entêtement à la débusquer a fait que je n'ai pas été gênée de la savoir avant elle. De toute façon, j'aurais pu me tromper.

Comme dans «Avalanche hôtel», en peu de pages, Niko Tackian fait passer ses personnages par de forts sentiments et de fortes émotions. C'est bien amené, bien exploité. Les aspects sordides de la résolution de l'énigme font vraiment froid dans le dos... Moi qui viens de lire un autre roman où un de ces aspects se retrouve, moi qui ne me suis jamais méfiée de ce genre de choses auparavant, qui ai toujours trouvé ça très bien, je risque d'avoir une arrière-pensée à chaque fois que j'entendrai parler de cela... ;-)

J'ai quand même un reproche: j'ai été déçue qu'à la fin, une question reste. Surtout qu'elle aurait pu ne pas se poser. L'auteur aurait pu résoudre cela de façon très simple. Il est même incohérent que cette question soit.

Malgré mon pinaillage final, je recommande ce roman.

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par François Hatt.

Je connais peu ce comédien. Je me souviens avoir apprécié son jeu dans un roman, et moins dans un autre. Ici, je l'ai trouvé naturel, et donc, approprié. Le comédien met le ton adéquat, sans exagération ni excès de sobriété. En outre, il ne modifie pas sa voix à outrance pour les rôles féminins, ce qui, pour moi, est toujours positif.