Skin

Note: Ne faites pas mon erreur, et lisez «Skin» avant «Proies». C'est important quant à ce qui arrive aux policiers, surtout à Flea.

L'ouvrage:
Jack Caffery est confronté à plusieurs affaires. D'abord, on retrouve un cadavre auquel il manque une mèche de cheveux. Ensuite, Lucy Mahoney s'est apparemment suicidée. Cependant, certains détails ne collent pas.
En outre, Jack n'est pas sûr que sa dernière affaire soit totalement réglée.

Flea, quant à elle, ne comprend pas pourquoi une odeur nauséabonde envahit le commissariat. Elle s'aperçoit bientôt qu'elle ne cherche pas au bon endroit...

Critique:
J'avais aimé «Proies», j'ai préféré «Skin». Je pense que cela vient d'abord du fait que j'ai pu davantage m'attacher aux personnages. La vie de Flea est inextricablement mêlée à ses enquêtes du moment. Cela permet de mieux découvrir sa psychologie, sa personnalité. Flea se montrera terriblement réaliste, terriblement humaine. En général, les policiers qui plaisent aux lecteurs transgressent quelque peu certaines lois (Harry Bosch, par exemple), mais le dilemme de Flea me semble bien plus vrai, bien plus solide, bien plus complexe que ceux que j'ai pu lire ailleurs. L'auteur tisse savamment une toile dans laquelle, à force de mansuétude, Flea finit par s'emmêler.
Malgré son angoisse, elle agit toujours de la manière la plus réfléchie possible... sauf une fois: lorsqu'elle subtilise la lettre. À mon avis, si elle l'avait laissée, cela aurait été moins sujet à attirer d'éventuels soupçons si on s'en apercevait.

Quant à Jack, il m'a également semblé que l'auteur prenait davantage le temps de le dépeindre que dans «Proies». Je l'ai trouvé moins ressemblant à ses pairs. Je pense que j'ai eu ce sentiment de personnages vite brossés en lisant «Proies» parce qu'il fallait en lire d'autres avant. Ce que Jack finit par faire est admirable, compte tenu du fait qu'il n'a pas toutes les données en main. Qui aurait décidé d'agir ainsi, ne connaissant, comme lui, qu'un morceau de la vérité?
À un moment, Jack s'obstine à renvoyer le mari de Lucy vers son Officier de Liaison avec les Familles. Cela peut sembler insensible de sa part, mais le connaissant, ce serait plutôt une protection: il ne peut pas s'occuper de toutes les affaire, sous peine d'être complètement vampirisé... surtout qu'il finira quand même par prendre celle-ci en main.

L'intrigue est aussi palpitante que celle de «Proies». C'est renforcé par le fait que plusieurs enquêtes se croisent ou sont menées en parallèle. Cela rend l'histoire plus crédible. La police ne travaille jamais sur une seule affaire à la fois. En outre, il n'y a aucun temps mort.
À un moment, les policiers évoquent une affaire dont l'auteur reparlera, puisque c'est ce qui arrive dans «Proies». J'ai trouvé cela bien pensé, parce qu'étant donné ce qu'on découvre dans «Proies», tout est logique... cela voudrait dire que l'auteur savait déjà, en écrivant «Skin», qui serait le coupable dans «Proies», ce qui dénote un travail approfondi.

J'aime bien la façon dont le personnage de Ruth est présenté. On n'arrive pas à savoir si on la plaint, si on la méprise, si on a pitié, si elle exaspère... je pense que c'est tout cela à la fois... Sa bêtise et sa vénalité la rendent méprisable, mais on voit bien qu'elle comble sa solitude comme elle peut.

Éditeur: Presses de la cité.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Sabine Veyrat pour l'association Valentin Haüy.

Bibliographie de Mo hayder:
Série Jack Caffery:
1: Birdman, 2000.
2: The treatment (L'homme du soir), 2001.
3: Ritual (Rituel), 2008.
4: Skin, 2009.
5: Gone (Proies), 2010.

Livres seuls:
Tokyo/The devil of Nanking, 2004.
Pig Island, 2006.
Hanging hill (Les lames), 2011.

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