Silver Water

L'ouvrage:
Voilà quatre jours qu'Audra a quitté New York, avec ses deux enfants, Sean (bientôt onze ans) et Louise (six ans), à bord d'un vieux break. Ils sont en Arizona. Audra fuit son mari (Patrick) et les services de la protection de l'enfance qui veulent lui retirer la garde de Shean et Louise pour la confier à Patrick. Lorsqu'un policier (le shérif du comté) les arrête sur la route de la petite ville de Silver Water, Audra craint que cela soit dû au fait que Patrick ait lancé un avis de recherche. Le shérif Wildside trouve un sachet de drogue dans le coffre. Seulement, Audra ne se souvient pas l'avoir mis dans ses affaires. Les choses se gâtent vraiment lorsqu'une fois en garde-à-vue, et après qu'elle a demandé des nouvelles de ses enfants qu'une agente a emmenés, Audra n'obtient qu'une seule réponse: «Quels enfants?» Le shérif assure qu'il n'y avait aucun enfant dans le break lorsqu'il a arrêté Audra.

Critique:
Lorsque j'ai été tentée par ce roman, je me suis aperçue qu'il était mal noté. Je n'ai pas lu les avis, et ai décidé de me fier à mon instinct. J'ai eu raison, car ce roman m'a plu. Je ne veux pas dire qu'il plaira à tous ceux qui hésiteront entre les avis défavorables et le mien, mais plutôt que j'ai encore eu raison de suivre mon instinct.

Malgré le fait que pendant une partie de l'histoire, Audra est pieds et poings liés, je n'ai pas trouvé de temps morts. J'ai pourtant pesté lorsqu'après avoir bien posé la situation qui fait qu'on veut vite en savoir plus, l'auteur nous balance des retours en arrière sur la vie de l'héroïne. J'étais sûre, en commençant à les lire, qu'ils m'ennuieraient. Pourtant, cela n'a pas été le cas. Ils m'ont vite autant passionnée que l'intrigue principale. De plus, ils étaient bien placés: juste au moment où, après avoir rencontré Audra, le lecteur doit en savoir davantage sur son passé pour se forger son opinion. Enfin, les retours en arrière ne sont pas nombreux.
L'histoire de Danny pourrait aussi faire office de «retardateur», mais là encore, ce n'est pas du remplissage. Il fallait bien que l'auteur invente ce personnage et ce qui lui est arrivé, afin de créer un élément qui ferait qu'Audra pourrait bouger. C'est d'ailleurs l'élément le plus crédible qui soit.

La tension et le suspense sont présents tout au long du roman. Un rebondissement m'a agacée, mais il n'est ni une incohérence ni un élément inutile. Il m'a agacée parce que le «méchant» regagnait du terrain, et en plus, cela lui a permis de faire du grabuge dont je me serais bien passée.

Certains thèmes ont déjà été abordés à maintes reprises dans ce genre de romans: le harcèlement moral et l'assujettissement, le thème (je ne dirai pas lequel) dont il est question sur le forum... Certes, Haylen Beck est très loin d'être le premier à évoquer ces sujets. Cependant, tout ce qu'il écrit est (malheureusement pour nous, mais pas pour la bonne marche du roman) réaliste. La répétition de thèmes de roman en roman ne les rend pas moins horribles.

À la fin, l'auteur parvient à dire (sans que cela soit gros) si Danny a réussi ou pas. Comme cet élément est donné alors que le lecteur partage le point de vue d'Audra, on ne connaît pas les détails, mais on sait certaines choses.
Le seul élément un peu flottant est la présence de la drogue dans le coffre du break au début du roman.

Les «méchants» tentent de se donner bonne conscience, et ce qui fait froid dans le dos, c'est que cela fait partie du réalisme évoqué ci-dessus. Le plus méchant pense qu'après tout ce qu'il a vécu, il a bien mérité de se la couler douce. L'autre a une raison qui fera pleurer dans les chaumières, mais qui, de toute façon, n'est pas acceptable. Je me demande toujours ce que je ferais à la place des «méchants», et je dis toujours qu'on ne peut être sûr de rien. Ici, je suis quand même sûre que je n'agirais pas comme eux.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Maud Rudigoz pour les éditions Harper Collins.

Maud Rudigoz fait partie des comédiens qu'il me plaît de retrouver. J'ai, encore une fois, apprécié son jeu, car outre une interprétation adéquate des sentiments et des émotions des personnages, elle a réussi à modifier sa voix (notamment pour Wildside) sans affectation, et la voix qu'elle a prise pour ce personnage renforçait l'impression que j'avais de lui. C'est la même chose concernant la voix qu'elle prend pour les enfants d'Audra.
J'ai, malheureusement, noté qu'elle prononçait mal le mot «s'égailler». Je ne sais pas pourquoi, mais beaucoup le prononcent comme on prononce «s'égayer».
J'ai aussi trouvé dommage qu'elle prononce «Mary» à l'anglophone.
Enfin, je regrette que le technicien ait manqué quelques erreurs de lecture.

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