Sigrid et les mondes perdus : l'oeil de la pieuvre L'auteur:
Voir le billet sur Serge Brussolo.

L'ouvrage:
Sigrid Olafssen a perdu ses parents lorsqu'elle était enfant. Elle a été envoyée dans un orphelinat où elle n'est pas heureuse. C'est pourquoi, lorsqu'on vint recruter des enfants dans cet orphelinat, enfants qui feraient partie de l'équipage du Bluedeep, elle proposa sa candidature.

Normalement, les enfants sont là pour prendre la relève, car la mission du Bluedeep risque de durer dix voire quinze ans. Seulement, cela fait déjà dix ans que le Bluedeep explore les eaux de la planète d'Almoha, et les adultes ne semblent pas pressés de former les enfants. Sigrid, qui a maintenant vingt ans, est toujours patrouilleuse de troisième classe: une besogne ingrate et dangereuse.

D'autre part, des soupçons commencent à lui venir après que Gus McQueen, l'un de ses camarades, lui a dit que les officiers truquaient la nourriture en y mettant des pilules de jeunesse, qui bloquent la croissance des enfants. Au début, Sigrid refuse d'y croire, mais elle doit bien se rendre à l'évidence: elle a vingt ans, et a l'air d'en avoir douze. Pourquoi les officiers agissent-ils ainsi?

Un autre danger menace l'équipage: ils ne doivent jamais toucher ne serait-ce qu'une goutte d'eau de la mer de la planète. En effet, cette eau aclimate tous ceux qui la touchent. C'est-à-dire que n'importe quel organisme qui est en contact avec cette eau se transforme en poisson...

Critique:
D'après ce que j'ai lu sur le site à propos de Brussolo qui se trouve dans mes liens, ce livre est une version pour la jeunesse de "Abîmes", édité en 1993 pour les adultes. Je n'ai pas encore lu ce livre, je ne peux donc pas établir de comparaison.

Ce roman m'a plu. Je l'ai lu en 2000, et relu récemment. Je me suis rendue compte que je ne me souvenais pas de grand-chose, sauf de la fin. En général, c'est le contraire.
En effet, le livre ne traîne pas, mais il s'y passe des événements qui semblent d'abord décousus. Par exemple, à un moment, Sigrid doit faire face à une invasion d'animaux séchés. Ils ont été séchés pour être transformés en poudre nutritive, et grâce à une fissure de l'un des bidons où était stockée cette nourriture, ils ont réussi à s'humidifier et à reprendre vie.
Cet épisode fait un peu diversion, et il nous permet d'avoir un échantillon de la très grande imagination de l'auteur. A noter que ce passage avait déjà été utilisé par Brussolo dans un autre roman avant celui-ci.

On retrouve un thème déjà évoqué dans "Portrait du diable en chapeau melon", sauf qu'ici, c'est exploité autrement. Dans "Portrait du diable en chapeau melon", on bloque l'esprit des "enfants" au stade de l'enfance, alors que leurs corps se développent normalement. Dans "L'oeil de la pieuvre", c'est le contraire.

On retrouve aussi le thème de l'impossibilité de communiquer, de comprendre une autre civilisation. Ici, Sigrid est la seule qui tente de comprendre la civilisation almohane, alors que ses compagnons et le reste de l'équipage s'y refusent, et préfèrent tout anéantir.

Le livre est très plaisant, à cause du décor planté, des épisodes nés de l'imagination de l'auteur... Et Sigrid nous est très sympathique. C'est quelqu'un d'ouvert, de consciencieux, de gentil. Je la préfère à Peggy Sue, dont j'ai lu quatre tomes, je ne sais pas trop pourquoi... sûrement parce que Sigrid est plus âgée que Peggy Sue et donc plus mûre.

Voici les titres des quatre tomes de la série:
1: L'oeil de la pieuvre
2: La fiancée du crapaud
3: Le grand serpent
4: Les mangeurs de murailles

Éditeur: le Masque.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Yasmina Haussauer pour la Bibliothèque Braille Romande.

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