Shoe addicts

L'ouvrage:
Lorna dépense l'argent qu'elle n'a pas... en chaussures. C'est sa passion! Elle est rappelée à l'ordre lorsqu'elle se retrouve sans électricité pour cause de factures impayées. Ne pouvant se guérir de son vice, elle décide d'organiser des réunions où des passionnées s'échangeraient des chaussures de luxe.

Critique:
Ce livre est léger. Il est à lire si on veut se reposer la tête. Il n'a pas les défauts habituels à ce genre. Souvent, l'auteur veut en faire trop, et le tout devient caricatural, invraisemblable, insipide. Ici, Beth Harbison a su mesurer ses effets. Elle raconte une histoire facile, mais bien vue. Sa description des personnages et de certains milieux est réaliste. Elle n'exagère pas.
Les notes humoristiques qu'elle mêle à son récit sont appropriées et sonnent juste.

Les personnages ne sont pas très creusés, mais les héroïnes sont sympathiques. Ma préférence est allée à Jocelyne, parce qu'elle semble moins superficielle que les autres. Ellen et Lorna se noient dans un verre d'eau.
Ellen n'aime pas sa vie, mais comme elle en apprécie beaucoup le confort matériel, elle reste à sa place. Mais ensuite, elle se lamente sur son sort! Je me suis un peu ennuyée lors du passage où elle fait une espèce de «retour aux sources». En plus, je n'ai pas trop compris pourquoi elle était partie. Bien sûr, ses raisons sont expliquées, mais je trouve cette solution trop facile.

Ne partageant pas l'amour immodéré de Lorna pour les chaussures, j'ai souvent été un peu agacée par elle. Je reconnais que j'étais subjective. C'est peut-être aussi ce qui m'a fait davantage apprécier Jocelyne: elle ne souffre pas de l'adoration frivole de la chaussure. En outre, elle fait bien son travail et aime sincèrement les enfants dont elle s'occupe. On s'identifiera à elle qui n'ose pas tenir tête à sa patronne. Même si j'apprécie les personnages qui s'élèvent contre les injustices, je me reconnais mieux en Jocelyne qui n'y arrive pas.

J'ai bien aimé la structure du roman (surtout au début): on voit les héroïnes une à une, selon les chapitres. On les découvre avant qu'elles ne se rencontrent, et on les connaît bien au moment où cela arrive. En général, je n'aime pas cette structure parce que l'auteur ne donne pas au lecteur le temps de connaître ses personnages' Souvent, on passe de l'un à l'autre trop rapidement. Ici, les premiers chapitres sont assez longs pour qu'on ait le temps de connaître ces jeunes femmes. D'autre part, l'auteur ne se perd pas en circonvolutions, elle entre tout de suite dans le vif du sujet.

La fin est un peu facile (surtout les «coups de foudre»), mais elle s'accorde à l'histoire et aux personnages.

Éditeur: Fleuve Noir.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Laurence Gargantini pour la Bibliothèque Braille Romande.
J'ai emprunté ce livre parce qu'il était enregistré par cette lectrice que je retrouve toujours avec plaisir.

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