Bon, je dois vous parler de mon auteur préféré, quand même. Surtout qu'il y aura bientôt des critiques de certains de ses livres.

Je pense que Serge Brussolo est un très bon auteur. Il représente plusieurs genres à lui tout seul. Il écrit de la science fiction, du fantastique, des thrillers, des romans généraux, des livres pour la jeunesse. Il lui arrive souvent de mélanger les genres dans un seul roman, ce que je trouve très original.

Je connais bien ses thrillers. Ils sont pleins de rebondissements, de suspense, et souvent, la fin remet tout en question. Bien sûr, il y en a quelques-uns qui sont moins bien ("Le livre du grand secret" (qui semble être une pâle copie de "La fille de la nuit"), "Le murmure des loups" (dont la fin ne m'a pas plu), par exemple), mais en général, c'est très surprenant. Ca change des polars insipides des gens comme Merdy Higgins Clark (non, c'est pas une faute de frappe). Parfois, les thrillers de Brussolo sont à la limite du surnaturel, mais en fait, la fin nous montre quelque chose de très réaliste. Sinon, c'est un auteur très sombre et même si ses thrillers se terminent bien, il y a toujours une note de pessimisme. Ses scénario sont parfois fous. D'ailleurs,dans chaque thriller, il y a un personnage dément qui met au point des projets fous, comme par exemple la prison dans "Sécurité absolue", le changement de la ligne de vie dans "La route obscure", l'Amazing diet dans "Le sourire noir", la maison de poupées dans "Les enfants du crépuscule", ou encore le projet insensé impossible à résumer en un bout de phrase de "La main froide". La folie est exploitée à grande échelle. Brussolo explore les recoins obscurs de l'âme humaine. Il peut aussi bien nous planter un décor médiéval, ("Le manoir des sortilèges", "Le château des poisons", "L'armure de vengeance", "Pèlerins des ténèbres", "La captive de l'hiver"), que nous plonger dans des livres où on utilise des ordinateurs ultra perfectionnés et des méthodes dont on ne se douterait même pas qu'elles puissent exister ("La fille de la nuit", "Le sourire noir", "Avis de tempête", "Sécurité absolue"). Il nous emmène aussi dans l'Egypte ancienne où nous côtoyons un pharaon fou dont le labyrinthe est protégé par des pièges comme des tempêtes de sables se déclenchant au moindre pas dans la mauvaise direction ("Le labyrinthe de Pharaon"), un malik vivant dans une ville souterraine ("Les prisonnières de Pharaon") et aussi Anouna la parfumeuse, qui a le meilleur nez d'Egypte (les deux livres sus-cités).

"Le chien de minuit" nous fait découvrir le monde de la rue. Les Conan Lord nous montrent une maladie dont on ne soupçonnerait pas l'existence, (je ne sais toujours pas si elle est réelle ou non), et les enquêtes sont tout aussi pleines de rebondissements. "Les ombres du jardin" et "Le visiteur sans visage" montrent une folie à plus petite échelle que d'autres, mais qui fait tout de même des ravages.

J'aime moins ses romans généraux. Je n'ai pas du tout aimé "Trois, place de Byzance" et "La mais on de l'aigle". J'ai préféré "La moisson d'hiver" et "Hurlemort", mais les fins ne m'ont pas satisfaite.

Je n'ai lu que quatre de ses romans pour la jeunesse, qui se rapprochent plus du fantastique, avec des énigmes intéressantes, et toujours des idées très originales.

Quant aux romans fantastiques, je n'en n'ai pas lu beaucoup, mais le peu que j'ai lus présentent de très bonnes idées: des ombres qui prennent vie ("Le château d'encre"), (je sais, ça fait penser à Peter Schlemihl), des gens dont le métier est de rêver ("Le syndrôme du scaphandrier"), l'impossibilité de communiquer qui a rendu une chose extra-terrestre folle et avide de vengeance ("L'homme aux yeux de napalm"), les hommes-végétaux ("Le carnaval de fer")...

A noter que les prénoms David et Sarah sont récurrents chez Brussolo. De plus, on croise souvent des chats dans ses romans. Parfois, ils ont des rôles importants, et parfois, ils sont juste là comme ça.