September september

L'ouvrage:
Septembre 1957. Rufus a eu une idée pour se faire de l'argent. Sa copine (Reeny) et lui ne peuvent pas la mettre en place seuls. Rufus a donc demandé l'aide de Podjo, qu'il a rencontré en prison. Il s'agit d'enlever l'enfant d'une riche famille noire, et de demander une rançon. Étant donné le contexte tendu (nous sommes au coeur des luttes pour les droits des noirs) Rufus et ses acolytes sont persuadés que la police ne lèverait pas le petit doigt pour sauver un enfant noir. Il sont donc certain que les parents écouteront les ravisseurs, et ne préviendront pas les autorités...

Critique:
Ce roman m'a plu. Comme je suis facilement impressionnable, j'avais peur qu'un tas de terribles choses arrive. Par exemple, on voit très vite que Rufus est une brute, même si lui pense être une pauvre chose à qui on a fait tout le mal du monde. De ce fait, j'avais peur qu'il s'en prenne à l'enfant, voire qu'il le tue. Cela faisait d'ailleurs partie des options qu'il envisageait nonchalamment. J'avais aussi peur que l'enfant soit enfermé dans une pièce et totalement négligé. Rufus et Podjo auraient pu agir ainsi, mais Reeny a quand même fait le minimum pour que le «séjour» du garçonnet ne soit pas l'enfer absolu.

Shelby Foote s'y entend pour mettre une ambiance. Elle est souvent oppressante, et pas seulement lorsque nous côtoyons nos trois ravisseurs. La famille à laquelle ils s'en prennent est bâtie sur de fragiles fondations. Les parents de l'enfant enlevé (Eben et Martha) savent très bien à quoi s'en tenir. Cependant, c'est l'enlèvement de leur fils et ses conséquences immédiates qui les pousseront à réagir. J'ai apprécié qu'ils se remettent en question, qu'ils remettent leur façon de vivre en question, surtout Eben. Par contre, je n'ai pas vraiment compris pourquoi il était sûr que donner la rançon signait l'arrêt de mort de son fils. Certes, son raisonnement était: si les ravisseurs ont ce qu'ils veulent, ils n'ont plus besoin de se préoccuper de Teddy, et il est plus simple pour eux de le tuer, ainsi, il ne pourra absolument rien dire les concernant. Soit, mais je n'ai pas compris pourquoi Eben ne voulait pas envisager le fait que ne pas donner la rançon pouvait déclencher la colère des ravisseurs, et donc le meurtre de l'enfant, comme les kidnappeurs l'avaient d'ailleurs promis. J'appréciais Eben, mais son raisonnement concernant la rançon, je ne parvenais pas à le comprendre tout à fait. J'ai mieux compris pourquoi il souhaite changer les choses à la fin, et pourquoi il pense qu'il doit employer une autre manière que celle de Théo. On dira que c'est un utopiste, mais parfois, de petits actes isolés améliorent (même un peu) les mentalités...

Quant aux ravisseurs, certains éléments ne m'ont pas surprise. Ils ne sont pas incongrus, compte tenu du caractère des uns et des autres. Shelby Foote a su créer quelques retournements de situation crédibles. De plus, ces rebondissements m'ont plu. Je regrette seulement qu'à la fin, on n'en sache pas davantage. On peut faire des suppositions, étant donné que ce qui était prévisible est arrivé...

Éditeur: Gallimard.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Moinat pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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