Sardines a la sauce diable

L'ouvrage:
Henri a parfois des pulsions. Il rencontre une femme, et la tue. Il en a besoin, il ne peut se contrôler.
Ce jour-là, il rencontre Stéphanie. Il sent tout de suite qu'avec elle, ce sera différent. Au bout d'une journée, il est amoureux. En outre, à travers certains propos et actes de la jeune femme, il lui semble déceler une félure en elle. Il est sûr que cela les rapproche.

Critique:
Voilà un roman très bien tourné, une histoire de manipulation très réussie. Le lecteur se doute bien que certaines ne vont pas, mais il ne se doute pas que ce roman à l'allure banale est une machine infernale bien huilée. Le lecteur est d'autant plus perdu que l'histoire ne commence pas par la rencontre avec Stéphanie. Il y a le présent d'Henri, puis des retours en arrière où on assiste à sa rencontre, puis à ce qu'il vit avec Stéphanie.

Autre chose est intéressant: les faits sont interprétés de plusieurs façons. Nous les vivons d'abord avec Henri, à travers ses yeux, puis la police lui en donne une autre interprétation. Et tout se tient. C'était justement le but, mais dans ce genre de romans, il y a des incohérences. Or, là, on comprend mieux certaines choses lorsqu'on en connaît la réelle finalité. Bon, il est un peu gros qu'un chat accepte de prendre de la drogue, même s'il est affamé, mais on va dire que l'auteur ne s'en sort pas trop mal avec cette théorie, en la détaillant, en l'expliquant longuement.

Le personnage d'Henri est complexe. Le lecteur ne peut s'empêcher de le plaindre, à cause de ce qui lui arrive, et aussi parce qu'à partir du moment où les choses se précisent, il continue d'espérer... mais à cause du passé qu'il nous raconte, il inspire le dégoût. Stéphanie aurait-elle pu être son remède, comme il le prétend? On peut en douter.
Il est également exaspérant, car jusqu'au dernier moment, il espère. Et puis, je n'ai pas aimé sa décision finale. La preuve qu'il venait d'avoir aurait dû le persuader d'essayer encore de sauver sa peau. Il aurait pu montrer cette dernière chose, et arguer que c'était une preuve, indirecte, certes, mais tout de même, de son innocence. Surtout que puisqu'il a raconté son histoire en long, en large, et en travers au juge, la chose, l'endroit d'où elle vient, et le mot auraient dû corroborer ses dires. C'est l'une des faiblesses du roman, à mon avis.

Une autre faiblesse de ce roman est qu'il souffre de longueurs. Il est court, mais n'est pas dense. J'aurais préféré qu'il fût plus court, mais traînât moins. Ça m'a vraiment agacée. C'est dommage, car on savoure moins le roman, alors que l'auteur a eu une très bonne idée.

Éditeur: Librairie des Champs-Élysées.
La version audio que j'ai entendu a été enregistrée par Arlette Bratschi pour la Bibliothèque Braille Romande.

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