Sans défense

L'ouvrage:
Voilà dix ans que Patrick Moore et Reece Baldwin (six ans) ont été enlevés. L'un d'eux est le petit-cousin de Win. À présent, celui-ci est à Londres, et pense avoir retrouvé Patrick, mais ce dernier s'enfuit. Ne pouvant le rechercher seul, Win appelle Myron Bolitar (qu'il n'a pas vu depuis un an) à la rescousse.

Critique:
Je m'étais lassée d'Harlan Coben, ayant été déçue par certains de ses romans. Cependant, le synopsis de «Sans défense» m'a interpellée, et cela me donnait une occasion d'entendre Jean-Christophe Lebert, dont j'aime beaucoup le jeu. J'imagine que pour mieux apprécier certains éléments (la relation amicale entre Win et Myron, celle de ce dernier avec sa famille et ses amis), il vaut mieux avoir lu les autres romans mettant en scène ces personnages. Je ne l'ai pas fait, car ces romans ont été enregistrés à deux voix, et si j'aime beaucoup le jeu de José Heuzé, je n'apprécie pas du tout celui de celle à qui les rôles féminins ont été donnés. J'imagine donc que je ne lirai jamais les premiers Myron Bolitar.

Ce roman m'a plu. J'ai d'abord apprécié les fameuses relations entre les personnages. Win est particulier, mais sympathique. Souvent, sa présence est à la fois synonyme de tension et de rire. Les parents de Myron, ainsi que Mickey et sa petite amie (sans oublier leur ami geek), m'ont également beaucoup plu. (Je n'ai pas non plus lu les livres dont Mickey est le héros, mais ceux-là ne sont pas sortis en audio français.)

J'avais un peu peur que l'intrigue me paraisse fade, mais non. Bien sûr, c'est Harlan Coben, donc il ne faut pas s'attendre à un suspense haletant, mais l'ensemble m'a paru bien pensé. L'auteur finit par traîner avant de révéler la vérité, mais au départ, il plante un décor, et montre une certaine réalité dont nous connaissons l'existence, et dont il décrit toute l'horreur. J'ai beau avoir été déçue par certains de ses romans, et pensé que dorénavant ils me décevraient, je me dis qu'il a raison de rappeler à son lecteur que malheureusement, ces atrocités existent.

À un moment de l'intrigue, j'ai pensé que cela avait le parfum d'un roman que j'intitulerai «***» pour cette chronique. J'ai ensuite pensé que cela ressemblerait assez à Harlan Coben de faire quelque chose qui se rapprocherait des circonstances décrites dans «***». C'est effectivement ce qu'il a fait. Je ne dis pas qu'il a plagié «***» (je ne sais même pas lequel est sorti en premier), et je pense d'ailleurs que «***» n'est pas le seul roman à utiliser ce genre de ficelles, je sais avoir lu d'autres romans qui les utilisent, mais je ne me souviens que de «***». La solution est vraisemblable, et assez cobénesque (si je puis me permettre le néologisme). Je n'ai qu'un regret: j'aurais voulu qu'un personnage souffre beaucoup plus. Apparemment, ce personnage a souffert, mais peut-être quelques détails sur les supplices endurés m'auraient-ils satisfaite. Au moins, je sais que le protagoniste en question entend ses quatre vérités, et finit par être rejeté, ce qui est déjà bien, me direz-vous.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jean-Christophe Lebert pour les éditions Lizzie.

J'ai été ravie de retrouver ce comédien dont j'apprécie beaucoup le jeu. J'ai aimé le ton à la fois assuré et discret qu'il adopte pour narrer les chapitres racontés par Win. D'une manière générale, il a très bien interprété les émotions et les sentiments des personnages, mais c'est surtout dans le rôle de Win qu'à mon avis, il s'est illustré, car ce protagoniste ne m'a pas semblé facile à jouer. En outre, le comédien a joué les rôles féminins sans les exagérer, même quand le personnage était en proie à une vive émotion.
J'ai également apprécié qu'il ne prenne pas un accent anglophone pour les noms propres. J'avais peur qu'il dise, par exemple, «Micky» pour «Mickey», ou fasse un «r» anglophone pour «King's Cross», etc. Bien sûr, j'ai compris qu'il prononce Maïrone pour Myron, et cela m'a convenu car il le dit naturellement, même si je dois dire que je n'aurais pas du tout été perturbée s'il l'avait prononcé Miron. J'imagine que je suis la seule que cette prononciation n'aurait pas perturbée. ;-)

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