Rue Katalin

L'ouvrage:
Monsieur et madame Elekes vivent avec leur fille (Irén) et son mari (Balint). Ils sont sous le coup d'une grande douleur, ne pouvant oublier les événements qui les frappèrent pendant la guerre.

Critique:
J'ai aimé plusieurs romans de Magda Szabó. Celui-là est celui qui m'a le moins plu. Je pense que c'est dû à l'accumulation de procédés qui me déplaisent. D'abord, l'auteur commence par exposer la situation des protagonistes, puis elle raconte comment ils en sont arrivés là. Outre que je n'aime pas ce procédé, ici, il est source de lenteurs. La famille se roule dans son chagrin, comme si elle s'y complaisait. Chacun semble coincé dans sa douleur.

Ensuite, lorsque le récit des faits arrive, Magda Szabó s'arrange encore pour dire certaines choses dans le désordre. Elle fait également cela dans «Le faon». D'autres auteurs font ainsi. C'est au lecteur d'assembler les morceaux, à mesure de sa lecture. Si j'ai trouvé ce procédé utile parfois, il commence vraiment à m'agacer.

Au fur et à mesure de ma lecture, mon ressenti s'est complexifié. Les procédés cités ci-dessous m'agaçaient, mais je trouvais que les personnages avaient beaucoup de présence. Chacun exprime et engendre de très forts sentiments. Cela rappelle la tragédie.

Au départ, j'ai apprécié le sérieux et la ténacité d'Irén. Puis, à mesure que j'avançais dans le roman, je l'ai trouvée assez détestable. À l'inverse d'Iza (héroïne d'un autre roman de Magda Szabó), elle se sait détestable.

Si j'ai compris certains personnages et éprouvé de la compassion pour eux, au bout d'un moment, ils m'ont agacée, à se complaire dans la douleur, à tenter de l'accentuer plutôt que de l'atténuer. Certains ont une part de responsabilité dans ce malheur, et le poids de leur culpabilité les pousse à se flageller. Cependant, j'ai trouvé que c'était trop. Je n'ai d'ailleurs pas compris pourquoi certains tenaient absolument à faire ceci ou cela.

La manière dont Henriette est présente dans une partie du roman (après la guerre) ne m'a pas plu. En général, lorsque c'est bien expliqué, j'accepte ce genre de choses. Ici, j'ai encore trouvé que l'auteur en faisait trop.

Éditeur: Viviane Hamy.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Moinat pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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