Rien qu'à moi

L'ouvrage:
Stella Widstrand est psychothérapeute, est mariée, a un enfant, mène une vie qui la satisfait. Cependant, une nouvelle patiente va raviver une douleur qui a causé, vingt-et-un ans plus tôt, une blessure qui n'a jamais cicatrisé. Dès qu'elle voit cette patiente, Stella est convaincue que c'est sa fille, Alice, disparue à l'âge d'un an...

Critique:
Ce roman m'a plu. Très vite, il m'en a rappelé un autre (dont je ne donnerai pas le titre, car ceux qui l'auraient lu devineraient tout de suite où va «Rien qu'à moi»), et j'ai très vite appliqué ce qui est arrivé dans ce livre à celui d'Elisabeth Norebäck. De ce fait, il y a un personnage dont je me suis rapidement méfiée, et contre qui je relevais tout ce que je pouvais, même les indices que l'autrice souhaitait flous. J'ai été contente de découvrir que je ne me trompais pas, mais un peu déçue d'avoir trouvé si vite. À un moment, la romancière est parvenue à me faire quelque peu douter, mais alors, il m'aurait fallu envisager une vérité qui ne me tentait pas du tout. Donc malgré ma déception d'avoir tout deviné très vite, je suis contente que l'autre hypothèse ne soit pas celle choisie par l'écrivain. De plus, il m'a plu que certains indices donnés pour disculper ce personnage n'aient pas été des incohérences.
Plus tard, d'autres indices m'ont poussée à envisager autre chose, et je suis contente qu'Elisabeth Norebäck ne l'ait pas fait. Cela ne m'aurait pas plu, mais en plus, cela aurait été gros.

Ma déception a été atténuée par le fait que l'intrigue est bien menée. Pour moi, il n'y a pas vraiment de rebondissements, mais tension et suspense sont au rendez-vous. Le schéma peut paraître un peu classique: le protagoniste que personne ne croit, sur qui tout s'abat, qui finit par avoir l'air fou parce qu'il a connu un épisode dépressif par le passé... Cela ne m'a pas gênée, parce que ça n'a pas tant duré: peu à peu, des personnages ont accepté de se pencher sur les faits...

Il n'y a pas de véritables rebondissements, mais l'autrice a su me surprendre. Il y a des choses auxquelles j'aurais dû penser concernant le personnage dont je me méfiais, et cela ne m'a même pas effleurée.

À la fin, tout est dit, mais j'aurais souhaité des chapitres supplémentaires se passant quelques mois plus tard, et expliquant comment sont les relations entre deux personnages. Le lecteur peut les imaginer, certes...

Remarque annexe:
En bonne maniaque, j'en ai assez que les personnages des romans gaspillent leur nourriture. Ici, par exemple, Stella commande des gâteaux dans un café, et ne les mange pas. De plus en plus souvent, dans les romans, les personnages commandent quelque chose ou se font à manger, puis finissent par gaspiller leur repas parce qu'ils sont anxieux ou autre. Quand je lis cela, je m'imagine toujours que beaucoup de gens doivent faire des choses de ce genre dans la vraie vie, et je trouve cela honteux.

Service presse de la plateforme d'écoute Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Manon Jomain pour les éditions Hardigan.

Je retrouve Manon Jomain avec plaisir, car j'apprécie son jeu naturel. Ici, j'ai commencé par me demander pourquoi elle prenait une voix plus basse et plus assourdie lorsqu'elle contait les retours en arrière. Au bout d'un moment, je me suis dit que c'était justement pour montrer que c'étaient des retours en arrière. Certains sont signalés par des dates, mais un ou deux ne sont pas signalés. J'imagine que sur la version écrite du roman, ils sont en italique. Même si j'ai d'abord été surprise par ce petit changement de ton, j'ai trouvé que c'était un bon choix éditorial afin de faire comprendre à l'auditeur que ces passages narraient des éléments passés.

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