Rien ne va plus

L'ouvrage:
David Armitage est scénariste.
Après plusieurs années de galère, la chance lui sourit, et l'une de ses séries télévisées enthousiasme une chaîne. Toutes les portes s'ouvrent désormais devant lui.

Critique:
C'est un Douglas Kennedy, donc cela ne peut pas être tout à fait mauvais. Et en effet, c'est bien écrit, les personnages sont intéressants (à défaut d'être attachants), et l'histoire est bien racontée: on y retrouve tous les ingrédients qu'on s'attend à retrouver dans ce genre d'histoire.

C'est justement là que le bât blesse. C'est trop prévisible. Pas besoin d'avoir vécu une situation similaire pour savoir à quoi s'attendre. David a affaire à un monde de requins sans pitié où tous les coups sont permis, et on le sait très bien. De ce fait, on s'attend à beaucoup de choses: les caprices de star (Philip qui fait attendre David une semaine), les opportunistes de toutes sortes, le fait de pouvoir passer du statut de personne adulée à celui de proscrit, les magouilles en tous genres, le luxe qui fait perdre la tête, la façon écoeurante dont certains en profitent. Les thèmes sont bien abordés, mais ils font que le livre est sans surprises, même si l'auteur entoure ces thèmes d'une intrigue solide.
Détail amusant: le parcours de David fait penser à celui d'Eric dans «La poursuite du bonheur», la chasse aux sorcières en moins.

En outre, aucun personnage n'est vraiment sympathique. En général, chez Douglas Kennedy, le personnage principal est attachant. Ici, même s'il a certaines valeurs, même si le succès ne lui tourne pas complètement la tête, il ne m'a pas réellement touchée. D'abord, le lecteur ne peut s'empêcher de soupirer d'exaspération à l'idée qu'il tombe si facilement amoureux de cette pimbêche opportuniste et caractérielle de Sally.
Ensuite, il est un peu mou, et par certains côtés, il est un peu naïf, voire simplet.
Lucy est sympathique, au départ, car elle agit comme il faut, mais ensuite, son obstination, voire son acharnement, deviennent lassants, et font d'elle un personnage cliché.
Martha est sympathique, mais elle complique un peu trop les choses, elle choisit la facilité, et son explication me semble vaseuse. Donc elle ne trouve pas vraiment grâce à mes yeux.
Quant aux autres, ils sont tous aussi détestables les uns que les autres, sauf Allison et quelques personnages secondaires comme le libraire et l'avocat. Il est d'ailleurs amusant de constater que chez Douglas Kennedy, les héros tombent souvent sur de gentils avocats, très humains. C'est le cas ici, mais aussi dans «La poursuite du bonheur» et dans «Quitter le monde».

Éditeur: Belfond.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Annie Lamoise pour l'association Valentin Haüy.

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