L'ouvrage:
Saint-Jean-de-Luz, 21 juin 2010. Aujourd'hui, Esteban a dix ans. Comme tous les matins, sa mère (maddi) et lui vont à la plage, puis elle lui donne un euro pour acheter du pain. Comme d'habitude, au moment où Maddi sortira de sa douche, Esteban aura mis la table... mais ce matin-là, lorsque la jeune femme sort de la douche, le garçonnet n'est pas là. On ne trouve aucune trace de lui nulle part.

Dix ans plus tard, sur la même plage, Maddi croise Tom, un garçonnet ressemblant énormément à Esteban, et portant le même maillot que celui-ci le jour de sa disparition...

Critique:
Après avoir aimé trois livres de Michel Bussi, j'ai été très déçue par «Nymphéas noirs», un peu déçue par «Maman a tort», j'ai abandonné «Sang famille» très près du début, j'ai été indifférente à certains résumés («On la trouvait plutôt jolie», «Le temps est assassin», et «J'ai dû rêver trop fort»). Je me disais que je ne lirais plus de livres de cet auteur. C'est alors que j'ai été surprise d'être tentée par «Rien ne t'efface». Heureusement pour moi, il m'a plu. Bien sûr, nous sommes avec Bussi, donc il y a des choses à la limite de l'incohérence, mais globalement, il s'en sort.

L'auteur sème beaucoup d'indices qui tendraient à prouver que, d'une manière inexplicable, Tom et Esteban sont jumeaux, ou sont la même personne. Je suis contente qu'ensuite, il explique tout rationnellement sans que j'aie pu trouver la solution avant. Par exemple, lorsqu'il s'agit du test ADN, j'ai pensé qu'il lui serait impossible de donner une explication tenant la route. Et pourtant, si.

L'auteur a quand même réussi à faire une chose qui m'a déplu. Il a suggéré quelque chose au lecteur, afin de mieux le tromper ensuite. Ce genre de choses me ravit quand c'est bien fait. Ici, il y a, par moments, l'utilisation de sabots un peu gros. Certes, beaucoup d'éléments qu'on interprète d'une manière sont, ensuite, faciles à comprendre de la manière dont il fallait les interpréter, mais d'autres sont un peu délicats. Je n'en veux pas trop à l'auteur pour cela, parce qu'il ne s'en tire pas trop mal. De plus, lorsqu'il lève le voile sur cet élément, le lecteur (en tout cas, moi) pense que tel personnage est responsable de certaines choses pour telles raisons. Heureusement, l'écrivain n'a pas choisi cette voie. En effet, j'aurais été très déçue que ce personnage-là soit méchant. Cela aurait été crédible, mais un peu convenu, un peu remâché...

Je ne me suis pas ennuyée, mais le livre traîne un peu à certains moments.
À la fin, j'aurais aimé qu'il soit dit ce que certains personnages pensaient quant à un autre...

Le romancier a glissé quelques notes d'humour dans ce livre où «tension» est le maître mot. Par exemple, Necter et Esther sont souvent sources de sourire. N'oublions pas le concert final sur fond de stress dû à un grand événement.

Remarque annexe:
Pendant ma lecture, j'avais la chanson «Pas Toi», de Jean Jacques Goldman, dans la tête. Je ne suis pas fan de ce chanteur, mais on a beaucoup entendu cette chanson, à sa sortie, et les paroles du refrain se sont gravées dans ma tête.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée pour les éditions Lizzie.

Léovanie Raud lit les chapitres du point de vue de Maddi, Antoine Doignon lit les autres chapitres. Marie Bouvet lit un passage du point de vue d'un autre personnage.

Je connais peu ces trois comédiens. Je les ai appréciés tous les trois. Ils jouent sans cabotiner. Je les entendrai à nouveau avec plaisir.