Rendez-vous à Kerloc'h L'ouvrage:
Loïc Le Marrec, biologiste, s'est marié sans vraiment éprouver d'amour. Il a épousé Anne parce qu'elle était enceinte. Anne sait qu'elle n'est pas aimée, elle sait que Loïc l'a épousée par devoir, et s'en désespère. Un jour, après 16 ans de mariage, Loïc, qui étouffe, du fait qu'il n'aime pas sa femme, la trompe. Anne le surprend, et s'ensuit un divorce pendant lequel elle met toute la vindicte possible, afin de ruiner Loïc. Elle s'arrange également (inconsciemment ou non) pour monter leur fils, Pierre, contre lui.

Désespéré, Loïc retourne dans la maison de son enfance, Kerloc'h. Il y retrouve ses frères (Yann et Tristan), sa soeur (Gaëlle), son père (Artus), et un cousin de la famille, engagé pour aider au domaine (Elias). Toute la famille travaille sur le domaine. C'est bien sûr Artus qui supervise tout. Celui-ci n'est pas ravi de revoir Loïc, le seul qui se soit détourné du travail de la terre, le seul qu'Artus n'arrive pas à accepter depuis sa naissance, car il doute d'être son père biologique.

Critique:
C'est encore un livre racontant l'histoire d'une famille soudée, mais dont les membres ont du mal à communiquer. Par exemple, les enfants ont tous peur d'Artus, qui est autoritaire, et n'accepte pas que ses ordres soient discutés. En outre, Artus n'est pas toujours juste, et cela engendre des rancoeurs chez ses enfants. Il n'a jamais été juste envers Loïc, par exemple.

Au départ, le lecteur a un peu peur de certains clichés. Par exemple, on a peur que Loïc ne connaisse les doutes de son père qu'à la fin, et que par conséquent, le livre se traîne. Heureusement, il n'en n'est rien.

De plus, lorsque Pierre se révolte contre son père, disant que sa mère est une victime, le lecteur est un peu agacé. Ca, c'est le cliché type: l'un des parents montant l'enfant contre l'autre. Bien sûr, c'est souvent ce qui arrive, malheureusement, mais cela enfonce le lecteur dans ce cliché, et c'est un peu facile. Or, il existe des situations où les parents sont neutres, et où l'enfant se fait lui-même son opinion, se basant sur ce qu'il voit, et pas sur ce qu'on lui dit. Ce genre de situations n'est pas assez mis en avant, à mon avis.
Heureusement, Pierre ne se braque pas tout le temps, et arrive à être un peu plus objectif, par la suite.

Heureusement, le personnage d'Anne n'est pas si noir qu'on pourrait le croire, au début, ce qui la rendrait un peu caricaturale. Elle n'est pas vraiment sympathique, mais on la comprend un peu mieux (sans toutefois l'excuser) lorsque la romancière nous explique ses motivations.

On rencontre aussi un personnage blessé, qui a peur de ne pouvoir surmonter le traumatisme subi: Sabine.
Son histoire d'amour avec Loïc est un peu attendue, mais grâce à cette histoire, Sabine se bonnifie, car au début, elle est assez désagréable.

Les enfants Le Marrec évoluent, et finissent par se révolter, lorsqu'Artus va trop loin. D'autre part, si Artus nous paraît détestable, on comprend aussi ses motivations. Le doute a pourri sa vie. Loïc serait la représentation du fait que sa femme, qu'il aimait tant, l'aurait trompé.

La fin n'est pas trop tirée par les cheveux, même si une chose m'a paru un peu facile. Malheureusement, je ne peux pas dire quoi, car je dévoilerais la fin.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Hervé Lavigne pour les éditions VDB.

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