Regent's Park

L'ouvrage:
Mary quitte son petit ami, Alistair. En attendant de trouver où loger, elle doit garder la maison d'un couple âgé qui part en voyage. Il y a peu, la jeune femme a fait un don de moelle osseuse. Elle va être mise en contact avec le bénéficiaire.

Critique:
Ce roman m'a plu. La façon de faire de Ruth Rendell m'a un peu rappelé «La maison du lys tigré». Ce n'est pas du tout la même histoire, mais dans les deux romans, on rencontre des gens dans leur quotidien, et ils se croisent au hasard des événements. Ici, il y a plusieurs meurtres, et ils commencent assez vite. Les protagonistes en sont plus ou moins touchés. Le lecteur considère tout ce petit monde, et se demande si le coupable (surnommé «l'empaleur») est parmi eux... Quant à moi, mes hypothèses se sont révélées fausses, ce qui m'a plu. En revanche, je n'ai pas vraiment compris le mobile du tueur. Il a été marqué par quelque chose de traumatisant, mais pourquoi ses victimes sont-elles celles-là? Qu'est-ce qui a poussé «l'empaleur» à en arriver là? Il y a des demi-explications, mais cela m'a paru un peu mince.
L'intrigue est lente, mais cela ne m'a pas gênée pour les mêmes raisons que dans «La maison du lys tigré». Outre les meurtres, de petites énigmes jalonnent le récit. Les personnages participent, consciemment ou non, à leur résolution.

Certains sont antipathiques, comme Alistair. Il est très casse-pieds. Je me suis demandé assez tôt s'il n'était pas dangereux. D'autres sont sympathiques, mais une part d'eux met mal à l'aise. Je pense à Bean. Son amour et son respect des animaux le rendent aimable au lecteur, mais d'autres pans de sa personnalité sont déplaisants. On me dira qu'il fait ce qu'il peut dans un monde où l'existence n'est pas rose pour lui. Certes, mais j'ai été agacée, entre autres, par son acharnement concernant l'homme aux clés.

Roman est attachant. Il a une manière particulière de faire son deuil, mais après tout, pourquoi pas? Contrairement à d'autres, il ne nuit à personne, et tente (inconsciemment, au départ) de se reconstruire.

Mary est appréciable, mais a des côtés agaçants. C'est une bonne chose qu'elle ne soit pas parfaite. Par exemple, elle m'a semblé trop coulante face à Alistair. J'admets que je suis sévère, car il n'est pas aisé de se débarrasser de ce genre de personnes. J'ai aussi trouvé qu'elle faisait trop vite confiance à Léo. En tant que spectatrice extérieure, quelque chose me déplaisait chez lui. Là encore, Mary ne peut être totalement blâmée puisqu'elle était impliquée, et qu'il n'y avait que de minuscules signes d'étrangeté.

Quant à Carl, il éveillera des sentiments contradictoires chez le lecteur. Qu'aurions-nous fait à sa place?...

Mary travaille au musée Irène Adler. Cela fait que la romancière parle d'une nouvelle de Conan Doyle. Je l'ai lue, et en ai un vague souvenir. Je ne me doutais pas que la femme qui y est décrite avait pris une telle importance... Il est vrai que Sherlock Holmes est très apprécié de beaucou de lecteurs, et que de ce fait, Irène Adler (seule femme qui l'ait vraiment touché) intéresse forcément davantage les passionnés que les héros d'autres nouvelles.

Éditeur: Calmann Lévy.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Françoise André pour la Ligue Braille.
J'ai apprécié cette interprétation. La lectrice n'en fait pas trop. J'ai également aimé qu'elle ne tente pas de prendre un accent pour les noms propres.

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